« C’est la toute première fois qu’on voit ça ! » Cette semaine, des pêcheurs de Palavas-les-Flots, dans l’Hérault, ont eu la surprise de se retrouver nez à nez avec Wally, une jeune baleine grise qui vit habituellement dans les eaux du Pacifique Nord. Une bien mauvaise rencontre en réalité, puisque le baleineau n’a rien à faire là et que ses jours sont comptés.

Cette semaine, il s’est aventuré près du port de Sète. Pour la première fois, un baleineau âgé de 15 mois et censé vivre dans le Pacifique Nord s’est approché des côtes françaises, en Méditerranée. Les scientifiques l’ont baptisé « Wally ».
À l’évidence, le jeune cétacé s’est égaré. Entré en Méditerranée au niveau du Maroc, Wally a d’abord été observé près des côtes italiennes avant d’être escorté vers l’Espagne direction Gibraltar par les agents de l’Office français de la biodiversité.
« Il est probable que cette jeune baleine inexpérimentée se soit trompée de chemin », explique Eric Hansen, responsable régional de l’OFB en Méditerranée, à l’AFP. « Elle a rencontré pas mal d’obstacles mais elle n’est pas déboussolée », affirme-t-il.
Mardi, Wally est parvenu à se libérer seul d’un filet de pêche à Port-Saint-Louis-du-Rhône, dans les Bouches-du-Rhône. Le lendemain, le baleineau tentait étrangement de pénétrer dans les ports de Sète et de Palavas-les-Flots.

Un périple long et périlleux

« On a vraiment l’impression qu’il cherche à sortir de la Méditerranée quand on le voit essayer de rentrer dans un port comme celui de Sète« , confirme Eric Hansen. Mais « sa stratégie est bonne. Si tout va bien, il va pouvoir ressortir côté Atlantique ».
Toutefois, ses chances de regagner son Pacifique Nord natal restent minces. Amaigri, affaibli et en déplacement constant, Wally « se nourrit d’invertébrés dans des fonds vaseux du Pacifique qu’il ne peut pas trouver en Méditerranée ».
S’il ne parvient pas à « varier son régime alimentaire en allant gratter les fonds méditerranéens, il pourrait s’épuiser et s’échouer ou couler ». Et s’il parvient à rejoindre l’Atlantique, le périple pour rejoindre sa mer natale s’annonce long et périlleux.
Quant à la raison de sa présence sur nos côtes, les scientifiques sont clairs. « Les espèces marines risquent de plus en plus de s’égarer dans des milieux qui peuvent leur être fatal, à cause du réchauffement climatique et de la fonte des glaces. »

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