Alors que son séjour en Turquie ne devait durer que quelques jours, Fabien Azoulay est incarcéré depuis plus de trois ans dans une prison d’Istanbul, où il est victime des pires sévices. Une « situation folle » dénoncée aujourd’hui par ses proches, qui se mobilisent pour le faire rapatrier dans un contexte difficile entre la France et la Turquie.

Nous sommes en 2017. Fabien Azoulay, un jeune Parisien installé à New York depuis plusieurs années, se rend à Istanbul pour réaliser des implants capillaires. Sur place, il commande sur un site internet lituanien un dopant sexuel. Mais au lieu de recevoir son paquet, c’est la police turque qui débarque dans son hôtel. Il l’ignorait, le produit qu’il a commandé est interdit en Turquie.
Si son séjour ne devait durer que quelques jours, il est en partance pour un voyage vers l’enfer. Incarcéré, Fabien Azoulay est condamné en février 2018 à 20 ans de prison. Une sanction expéditive et disproportionnée totalement « incompréhensible » pour ses proches qui, sur les recommandations des autorités françaises, vont taire l’affaire pour ne pas perturber les transactions entreprises entre les deux pays.

« Ses jours sont comptés »

Mais trois ans et demi plus tard, rien n’a bougé. Il faut dire qu’entre la France et la Turquie, les relations sont tendues. Fabien Azoulay, qui est Français, Juif et gay, subit en prison les pires sévices. « Tortures, blessures, tentatives d’intimidations, insultes antisémites », des détenus radicalisés l’obligent sous la menace à faire la prière pour le convertir à l’islam.
Pour Sophie Wiesenfeld, qui dirige son comité de soutien, c’en est trop. Au mois d’avril, elle décide de dévoiler à la presse le calvaire que vit cet homme aujourd’hui âgé de 43 ans. « Ses jours sont comptés », explique-t-elle. Il faut absolument le sortir de là et le rapatrier en France. Car s’il ne succombe pas aux maltraitances dont il est victime, « la crainte est aussi qu’il se laisse mourir ».

Retour dans l’enfer de Midnight Express

Pour son avocate Maître Carole-Olivia Montenot, qui s’exprime elle aussi depuis Paris, Fabien Azoulay est dans une « situation folle ». Elle raconte ainsi que le magistrat chargé de juger le Français a été nommé la veille du procès et que « l’audience a duré dix minutes ». Avec d’éventuelles remises de peine, il peut espérer sortir de prison au bout de 16 ans…
Une affaire qui rappelle étrangement le cas de William Hayes, ce touriste américain incarcéré en 1970 en Turquie après avoir été arrêté pour contrebande de haschich. Son histoire, trame du célèbre film Midnight Express, réalisé en 1977 par Alan Parker, rappelle que « la Turquie a toujours eu besoin d’afficher une répression dure envers les étrangers », ajoute l’avocate.
Depuis la révélation de la situation désespérée dans laquelle se trouve Fabien Azoulay, la mobilisation s’organise à coups de soutiens et de pétitions qui ont déjà récolté plusieurs dizaines de milliers de signatures. Mais si le cas Azoulay choque l’opinion, l’ambassade de Turquie en France reste de marbre et les chances de voir un jour le Français rapatrié semblent minces.

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© Mister Corail