Ils font partie des grands oubliés de la crise mondiale provoquée par le coronavirus. Des dizaines de milliers de marins, bloqués dans les ports à cause de la fermeture des frontières et de l’interdiction sanitaire de débarquer, restent confinés depuis des mois à bord des bateaux.


Pour les marins qui naviguent à l’international, c’est la double peine. Car s’ils sont en temps normal « confinés » sur les bateaux, la crise internationale provoquée par le coronavirus continue d’impacter leurs conditions de travail et leur vie au quotidien.
En cause, la fermeture de nombreuses frontières à travers le monde. Beaucoup de marins ne peuvent pas rentrer chez eux et sont encore moins… relevés. « Dans le monde, actuellement, il y a 200 000 marins à bord d’un bateau qui ont dépassé leur temps de travail contractuel », annonce l’association Seamen’s club à Sète.

Interdiction de débarquer

Dans de nombreux pays dont la France, les marins ne sont pas autorisés à débarquer : interdiction formelle de leurs employeurs pour éviter tout risque de ramener le coronavirus à bord. Aucun moyen de mettre pied à terre, les voilà condamnés à voir la vie reprendre, sans eux, sur les quais.
« Comme l’équipage philippin du Desert Spring, bateau céréalier arrivé dans l’Hérault il y a quelques jours. Parmi cet équipage, des hommes sont à bord depuis dix mois », explique Seamen’s club. Leur contrat est fini depuis longtemps, mais ils sont toujours là, loin de leurs proches et de leurs familles.

Suicides à bord

« C’est lourd pour eux parce qu’ils vivent encore plus confinés que ce qu’ils vivent confinés habituellement », ajoute l’association, qui a aujourd’hui pour mission de ravitailler ces équipages en produits de première nécessité.
Fini les sorties culturelles, le sport en plein air, les communications internet ou tout simplement pouvoir se changer, ces marins sont tout simplement abandonnés. Une situation plus que préoccupante, car selon l’association, de nombreux bateaux ont fait état, à bord, de suicides.

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