En 1983, Renaud écrit Dès que le vent soufflera alors qu’il revient des Antilles vers la France à bord du Makhnovchtchina, le bateau qu’il s’est fait construire. La chanson, qui n’est jamais sortie en single, reste pourtant la plus diffusée de son album Morgane de toi, paru la même année, et l’une des plus populaires de son répertoire. Un titre emprunt d’embruns marins qui nous invite à prendre le large… en ce temps de confinement.

Renaud est un grand passionné de mer et de navigation, à l’instar des chanteurs Antoine et Jacques Brel. Sa discographie en témoigne avec de nombreux titres imbibés d’eau, de La Pêche à la ligne aux Trois matelots en passant par Allongés sous les vagues.
Contrairement aux idées reçues, les célèbres paroles « La mer, c’est dégueulasse, les poissons baisent dedans » ne sont pas totalement de Renaud mais inspirées de « I don’t drink water, fish fuck in it » de l’acteur américain W.C. Fields.
De même, « C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme » revient au romancier et voyageur français Joseph Kessel. L’actrice Dominique Lavanant l’aurait soufflé à Renaud lors d’un échange sur la mer et les bateaux.
Dès que le vent soufflera reprend également un extrait d’un autre tube incontournable de la chanson maritime : le mythique « Hissez haut » interprété en 1961 par Hugues Aufray dans Santiano, lui même inspiré par le chant de cabestan britannique Santianna.

Renaud chanson mer

Dès que le vent soufflera

C’est pas l’homme qui prend la mer
C’est la mer qui prend l’homme, Tatatin
Moi, la mer, elle m’a pris
Je m’souviens un mardi

J’ai troqué mes santiags
Et mon cuir un peu zone
Contre une paire de docksides
Et un vieux ciré jaune

J’ai déserté les crasses
Qui me disaient « Sois prudent »
La mer, c’est dégueulasse
Les poissons baisent dedans

Dès que le vent soufflera
Je repartira
Dès que les vents tourneront
Nous nous en aillerons