« Un grand Français », « L’homme qui aimait les gens », « Le grand Jacques »… Au lendemain de la disparition de Jacques Chirac, c’est un véritable déferlement d’éloges qui a envahi la scène politico-médiatique française. Exit les affaires judiciaires dans lesquelles l’ex-dirigeant du RPR et ancien maire de Paris était empêtré… Jacques Chirac s’en est allé. Et nous avions presque perdu l’habitude de voir la France célébrer à l’unisson un président « bien aimé ».

La disparition de Jacques Chirac
à la Une

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Mort de Jacques Chirac
quelques réactions

Edouard Philippe, Premier ministre
« Jacques Chirac, c’était un Français, au plein sens du terme, avec ses aspirations, ses contradictions, ses ambitions. »

Nicolas Sarkozy, successeur de Jacques Chirac à l’Élysée
« Sa Mémoire restera dans l’Histoire de France comme dans le cœur de tous nos compatriotes. C’est une part de ma vie qui disparaît aujourd’hui. »

François Hollande, ex-président de la République
« Jacques Chirac vient de s’éteindre. J’adresse à Bernadette Chirac, à sa fille Claude et à ses proches le témoignage de mon respect et de mon affection. Les Français, quelles que soient leurs convictions, perdent aujourd’hui un homme d’Etat, mais aussi un ami. »

Valéry Giscard d’Estaing, ex-président de la République
« J’ai appris avec beaucoup d’émotion la nouvelle de Jacques Chirac. »

Marine Le Pen, présidente du Rassemblement National
« Malgré toutes les divergences que l’on pouvait avoir avec Jacques Chirac, il aura été un grand amoureux de l’Outre-mer et le Président capable de s’opposer à la folie de la guerre en Irak, renouant avec la traditionnelle position d’équilibre et de diplomatie de la France. »

Jean-Luc Mélenchon, président de La France insoumise
« L’Histoire de France tourne une page. Recevons la tristesse car elle a ses raisons. Il aimait la France mieux que d’autres depuis. Et pour cette part là, nous lui sommes reconnaissants. »

Richard Ferrand, président de l’Assemblée nationale
« Jacques Chirac fait désormais partie de l’histoire de France, une France à son image : fougueuse, complexe, parfois traversée de contradictions, toujours animée d’une inlassable passion républicaine. »

Gérard Larcher, président du Sénat
« Jacques Chirac aura incarné l’âme de la France. »

François Bayrou, président du MoDem
« Je ressens beaucoup de tristesse et il y aura beaucoup de nostalgie. Je retiens deux choses de Jacques Chirac. Son refus de la guerre en Irak et son attachement jamais démenti à l’unité du pays. »

Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur
« Dans le plus petit de nos hameaux, comme au cœur de sa capitale, Jacques Chirac était chez lui et voyait la France en grand. Sans jamais transiger avec les valeurs de notre Nation, il tissa un lien unique avec ses compatriotes et ce pays qu’il aimait autant qu’il les aimait. »

Bernard Pivot, journaliste et écrivain français
« Manquent à l’hommage national et populaire à Jacques Chirac les témoignages des vaches, chevaux, moutons, chèvres visités, caressés chaque année au Salon de l’Agriculture. Seuls les veaux lui faisaient la tête. »

Line Renaud, actrice et chanteuse française
« Merci, merci, infiniment merci pour tous vos messages de soutien et d’affection pour le départ de notre Président, de mon ami Jacques Chirac. C’était un grand homme d’état et un être exceptionnel. Je vous embrasse. »

Nicolas Hulot, ex-ministre de la Transition écologique et solidaire
« C’est avec une profonde tristesse que j’apprends le décès de Jacques Chirac. Notre rencontre fût déterminante dans mon parcours et le combat qui m’anime. Il avait en lui une véritable fibre humaniste qui a nourri une amitié précieuse et sincère. Mes pensées vont à sa famille. »

Jean-Luc Romero, fondateur d’ELCS et président de l’ADMD
« Jacques Chirac, qu’on partage ou non ses options politiques, aura vraiment marqué notre République. Je n’oublie pas l’humaniste qu’il était et bien sûr la contribution essentielle qu’il a apportée à la lutte contre le sida. Je pense à sa famille et particulièrement à Claude. »

François Fillon, ex-Premier ministre
« Avec la mort de Jacques Chirac, c’est un lion de la politique française qui disparaît. Il aimait charnellement la France et les Français mais se sentait aussi voyageur du monde, de l’Afrique à l’Asie. »

Sébastien Chenu, porte-parole du Rassemblement National
« Jacques Chirac a incarné la France. Sa vie entière tournée vers la politique. Je salue aujourd’hui l’homme d’Etat, retiens sa position sur la guerre en Irak , et présente à sa famille, et ses compagnons de combats mes condoléances sincères. »

Zinédine Zidane, footballeur international français
« Jacques Chirac était l’ami de tous les sportifs. Je suis triste, tout simplement, parce qu’en plus je le connaissais personnellement. »

Bixente Lizarazu, footballeur international français
« Il était le président de notre victoire en 1998. Il était toujours chaleureux et sympathique. Reposez en paix Monsieur le Président Jacques Chirac. Avec mon plus grand respect. »

L’hommage de Jean-Louis Debré, proche de Jacques Chirac

« C’était mon ami. Il avait plusieurs personnalités. L’homme de cœur préoccupé par ses concitoyens, désireux de les écouter, de les comprendre en allant vers eux. Le fantastique homme de culture. Et d’humour, qui était une façon pour lui d’entrer en contact avec les gens. Le grand combattant politique, dans les campagnes électorales, aussi bien nationales que départementales ou municipales, qui ne voulait pas rester enfermé dans son bureau ou dans la main des communicants, mais qui tenait au contact permanent avec les Français. C’était aussi un homme qui se livrait peu. Enfin, comme président de la République, il a toujours été, parce qu’il voulait l’être, l’homme du rassemblement : ce n’est pas parce qu’on n’avait pas ses opinions qu’il n’écoutait pas.
Il avait une vraie vision internationale, je dirais visionnaire. Je me souviens combien il a été critiqué, même en France, pour ses positions prises à Johannesburg au Sommet de la Terre, « notre maison brûle et nous regardons ailleurs », critiqué aussi pour son système de taxe sur les billets d’avion reversée pour des programmes d’achat de médicaments et de vaccination dans les pays en développement, ou pour la guerre en Irak refusée contre tout le monde, et pourtant… Chirac était aussi désireux de faire rayonner la France et sa langue, il a fait énormément pour la francophonie dans les relations avec l’Afrique.
Une image que je retiens de lui ? Celle d’un homme simple. Et l’humour, à nouveau. À la suite d’une victoire de l’équipe de France de football, un journaliste lui avait demandé : « Monsieur le président, vous faites du sport ? » Il avait répondu que oui, et m’avait lancé un clin d’œil en précisant : « Je fais des barres parallèles. » Je me suis dit, quand même, il abuse ! Et il a ajouté : « Oui, un bar rive droite, et un bar rive gauche. »

Jacques Chirac : quelques dates clés

Jacques Chirac marin1932 : Jacques Chirac naît le 29 novembre à la clinique de la rue Geoffroy-Saint-Hilaire, dans le 5e arrondissement de Paris.
1950 : après voir obtenu son baccalauréat avec mention, il s’engage pendant trois mois comme matelot sur le navire Capitaine Saint-Martin.
1951 : il intègre l’Institut d’études politiques de Paris.
1953 : il se fiance avec Bernadette Chodron de Courcel, rencontrée à Sciences Po.
1956 : le 16 mars, il épouse Bernadette dans la chapelle de Jésus-Enfant, dans le 7e arrondissement de Paris, malgré les réticences de la famille de cette dernière. Il effectue dans la foulée son service militaire à l’École de la Cavalerie de Saumur et se porte volontaire dans la guerre d’Algérie.
1958 : les époux Chirac donnent naissance à leur première fille, Laurence, qui décède en 2016.
1962 : les époux Chirac donnent naissance à leur seconde fille, Claude, qui devient conseillère en communication. Cette année-là, il fait son entrée au Secrétariat général du gouvernement, puis au cabinet du Premier ministre Georges Pompidou.
1965 : il est élu conseiller municipal de Sainte-Féréole, en Corrèze.
1967 : il remporte les élections législatives dans la circonscription d’Ussel, en Corrèze. Georges Pompidou le nomme secrétaire d’État à l’Emploi auprès du ministre des Affaires sociales.
1968 : après les événements du mois de mai, il est nommé secrétaire d’État à l’Économie et aux Finances.
1971 : il est nommé ministre délégué auprès du Premier ministre chargé des relations avec le Parlement.
1972 : il est nommé ministre de l’Agriculture et du Développement rural, soutenu massivement par les agriculteurs.
1974 : La mort de Georges Pompidou, le 2 avril, l’affecte profondément. Après l’élection de Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac est nommé Premier ministre. Il s’investit alors dans des réformes devenues symboliques, comme la majorité à 18 ans ou la loi sur l’avortement, mais doit également faire face à la première récession économique du pays, l’inflation et la montée du chômage.
1976 : en rupture avec le président Valéry Giscard d’Estaing, il démissionne de son poste de Premier ministre et est remplacé par Raymond Barre. 1976 est aussi marquée par la naissance du Rassemblement pour la République (RPR), dont il est le président.
1977 : le 25 mars, il est élu premier maire de Paris, qu’il dirige pendant 18 ans.
1979 : le 10 juin, il est élu député européen.
1981 : le 3 février, il annonce sa première candidature à l’Élysée. Au premier tour, il se fait distancer par Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand, qui l’emporte au second tour.
1986 : devenu chef de l’opposition, il est nommé Premier ministre le 20 mars. Il s’agit de la première cohabitation entre un président de gauche et une majorité parlementaire de droite.
1988 : le 16 janvier, il annonce sa seconde candidature à l’élection présidentielle. Distancé par François Mitterrand au premier tour, il n’obtient que 45,98 % des voix au second tour.
1995 : Jacques Chirac est élu président de la République pour sept ans.
2002 : il est réélu président de la République pour cinq ans.
2005 : victime d’un accident vasculaire cérébral et atteint de surdité, il subit des pertes de mémoire.
2007 : après avoir renoncé à un troisième mandant, il cède la place à Nicolas Sarkozy, qui l’emporte le 6 mai 2007 face à Ségolène Royal. Son immunité présidentielle arrivant à son terme, le président est inquiété dans de nombreuses affaires judiciaires concernant, entre autres, le RPR et la mairie de Paris.
2008 : il lance au mois de juin la Fondation Chirac au musée du quai Branly.
2014 : il effectue sa dernière apparition publique lors de la remise annuelle des prix de sa fondation.
2016 : il est hospitalisé au mois de septembre à la suite d’une infection pulmonaire. L’ancien président est régulièrement hospitalisé depuis le début de la décennie.
2019 : âgé de 86 ans, il s’éteint le 26 septembre à son domicile parisien du 4, rue de Tournon. Il est inhumé au cimetière du Montparnasse auprès de sa fille Laurence.

© Mister Corail / DR

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