Après un tollé international provoqué durant l’été 2017, les vagues d’arrestations et d’extermination des homosexuels ont reprises depuis le début de l’année en Tchétchénie. Une réalité inconcevable que le réalisateur David Coudyser met en scène dans une vidéo choc destinée à alerter l’opinion publique.

« Cet unique plan séquence se veut brutal, radical et intense, sans fioriture, ni effet artistique. Il ne s’agit pas ici de faire du cinéma mais de reconstituer le réel tel qu’il se produit là-bas », annonce David Coudyser.
Dans une courte vidéo, le réalisateur français met en scène une famille dans un appartement. Alors que les sirènes de la police retentissent, le père demande à sa fille d’aller chercher son frère devant une mère effondrée. Il braque l’arme contre le jeune homme mais ne trouve pas le courage de tirer. L’adolescent saisit alors l’arme pour se suicider quand la police pénètre avec fracas dans l’appartement.

« Ceci est une fiction ici, mais une réalité ailleurs »

« Ceci est une fiction ici, mais une réalité ailleurs ! » Car en France, ce scénario semble totalement inconcevable. Comment, en effet, imaginer qu’un père soit contraint et forcé d’exécuter son fils avant qu’il ne soit arrêté par la police… parce qu’il est homosexuel !
C’est pourtant bien une réalité, ailleurs. Et plus précisément en Tchétchénie. Dans sa courte vidéo, Coudy ne fait que réagir aux dernières déclarations du sinistre président tchétchène, Ramzan Kadyrov, qui s’est donné pour mission de purger les homosexuels du pays : « Votre enfant est homo, réglez-ça vous même ou l’Etat s’en chargera ! »

Zelimkhan Bakaev torturé et exécuté

Cette sombre affaire avait éclaté il y a deux ans après la disparition du chanteur Zelimkhan Bakaev, de retour de Moscou pour une fête de famille. Au mois de septembre, la télévision d’Etat publiait une vidéo trafiquée montrant que le jeune artiste était en vie. On apprendra par la suite que Zelimkhan a été enlevé, torturé et exécuté.
Voilà le sort que la Tchétchénie réserve à ses homosexuels. En 2017, l’affaire fait scandale quand le quotidien d’opposition russe Novaïa Gazeta révèle au monde que des centaines de citoyens tchétchènes sont enlevés, envoyés dans des camps et exterminés. Face à l’indignation générale, les autorités de ce pays assujetti à la Russie se faisaient depuis plus « discrètes ».

Les arrestations et les exécutions ont reprises

Jusqu’au mois de janvier dernier, quand les médias annoncent que les arrestations ont reprises. « Depuis la fin du mois de décembre 2018, une nouvelle vague d’arrestations a touché des hommes et des femmes au motif de leur orientation sexuelle supposée ou réelle », déclare Igor Kochetkov, qui dirige l’association Russian LGBT Network.
Le scandale, de nouveau international, rappelle les heures les plus sombres de notre Histoire. Quand les homosexuel(le)s ne sont pas exterminés, « les autorités confisquent leurs papiers d’identité pour les empêcher de quitter le pays » et organisent « des affaires criminelles fictives contre eux et leur familles ».

Amnesty International en appelle à une « réaction internationale »

De nouveau, le monde occidental est sous le choc. Si le parquet général russe annonce ouvrir une enquête, peu croient à sa légitimité. Amnesty International s’insurge et en appelle à une « réaction internationale ». Mais peu de gouvernements osent s’interposer, craignant d’envenimer des relations déjà tendues avec la Russie.
Au mois de juillet dernier, l’ONG Rainbow Railroad révèle qu’une trentaine d’homosexuels tchétchènes ont pu se réfugier au Canada grâce à un partenariat discret entre une ONG canadienne et le gouvernement d’Ottawa. « Le Canada a secrètement donné l’asile à des Tchétchènes homosexuels », révèle le quotidien The Globe and Mail.

Justin Trudeau défie Vladimir Poutine

Seul le Premier ministre Justin Trudeau semble avoir les épaules pour tenir tête à Vladimir Poutine. « Le Canada est fier de défendre les droits de l’Homme. Les droits des LGBTQ, ici et dans le monde, sont très importants pour nous », affirme-t-il. « Le Canada continuera à défendre les droits et à protéger les personnes vulnérables dans le monde. »
Si l’Allemagne, la Lituanie ou le Danemark ont eux aussi proposé d’ouvrir leurs frontières, la situation semble plus problématique en France, où la diaspora tchétchène, qui compte plusieurs dizaines de milliers de personnes, pose un sérieux frein à l’immigration. A ce jour et selon des sources non-officielles, seuls deux ou trois homosexuels tchétchènes auraient pu trouver refuge en France.

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© Miss & Mister Corail / DR

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