Construit à la fin des années 70 dans les chantiers navals de Salamis, en Grèce, cet imposant chimiquier de 80 mètres de long ne passe pas inaperçu des visiteurs qui pénètrent dans la ville de Sète par le canal de la Peyrade, en provenance de Balaruc-les-Bains, Frontignan ou Montpellier. Planté là depuis près de dix ans, quai Paul Riquet, ce navire abandonné qui semble figé dans le temps a un lourd passé à nous raconter.

Rio Tagus

Rio Tagus : l’indésirable

Avant d’être rebaptisé Rio Tagus en 2009, le navire conçu pour le transport de produits chimiques a déjà changé de nom une bonne dizaine de fois : Argo Challenge au départ, puis Ruca Challenge, Arago, Wonder One, Tiffany ou Lady Aurora, parmi tant d’autres. Comme indésirable, le bateau est également bloqué dans une dizaine de ports durant sa carrière, en 1999 en Croatie, en 2004 en Bulgarie, en 2007 en Turquie, l’année suivante en Ukraine, puis à Gibraltar, au Maroc, en Israël ou en Egypte.

Rio Tagus navire abandonné

Sète, la dernière escale

Le 29 octobre 2010, le Rio Tagus fait son entrée dans le port de Sète avec à son bord une cargaison de 2 700 tonnes de matières chimiques et douze membres d’équipage. Mais une fois n’est pas coutume, le navire est victime d’avaries qui poussent les autorités maritimes à le placer une nouvelle fois en détention. Cette fois-ci, ce sera la dernière. L’armateur panaméen abandonne le navire et ses marins qui erreront plusieurs mois sur le pont avant d’être expulsés par les services de l’immigration.