C’est l’un des poèmes américains les plus connus du XIXe siècle. Composé en hommage à Abraham Lincoln, O Captain ! My Captain ! est extrait du chef-d’œuvre de Walt Whitman : Feuilles d’herbe, paru en 1855 et remanié dix ans plus tard après l’assassinat du président américain. Traduit en français en 1909, Ô Capitaine ! Mon capitaine ! est devenu populaire dans le monde entier grâce au film Le Cercle des poètes disparus, sorti en 1989.


Walt Whitman« Ô Capitaine ! Mon capitaine ! »

Ô Capitaine ! Mon Capitaine ! Notre effroyable voyage est terminé.
Le vaisseau a franchi tous les caps, la récompense recherchée est gagnée.
Le port est proche, j’entends les cloches, la foule qui exulte,
Pendant que les yeux suivent la quille franche, le vaisseau lugubre et audacieux.
Mais ô cœur ! cœur ! cœur !
Ô les gouttes rouges qui saignent
Sur le pont où gît mon Capitaine,
Étendu, froid et sans vie.

Ô Capitaine ! Mon Capitaine ! Lève-toi pour écouter les cloches.
Lève-toi: pour toi le drapeau est hissé, pour toi le clairon trille,
Pour toi les bouquets et guirlandes enrubannées, pour toi les rives noires de monde,
Elle appelle vers toi, la masse ondulante, leurs visages passionnés se tournent :
Ici, Capitaine ! Cher père !
Ce bras passé sous ta tête,
C’est un rêve que sur le pont
Tu es étendu, froid et sans vie.

Mon Capitaine ne répond pas, ses lèvres sont livides et immobiles;
Mon père ne sent pas mon bras, il n’a plus pouls ni volonté.
Le navire est ancré sain et sauf, son périple clos et conclu.
De l’effrayante traversée le navire rentre victorieux avec son trophée.
Ô rives, exultez, et sonnez, ô cloches !
Mais moi d’un pas lugubre,
J’arpente le pont où gît mon capitaine,
Étendu, froid et sans vie.

Walt Whitman (1819-1892)
Extrait des Feuilles d’herbe (1855-1865)
Version française : 1909

O Capitaine mon capitaine

Le Cercle des poètes disparus
Ethan Hawke raconte

Ethan Hawke Le cercle des poètes disparusC’est la scène culte du Cercle des poètes disparus. A la fin du film, le professeur John Keating est renvoyé injustement de l’Académie de Welton. Alors qu’il range ses affaires sous les yeux effarés de ses étudiants, le timide Todd Anderson monte sur son bureau et interpelle Keating en scandant le fameux « Ô Capitaine, mon Capitaine », rejoint par la majorité de ses camarades.
Après la mort de Robin Williams en 2014, qui jouait le rôle du professeur, l’acteur Ethan Hawke (alias Todd Anderson) a révélé que la fin du film aurait dû être quelque peu différente. Pour le réalisateur Peter Weir, Keating se devait d’être fort devant ses élèves et n’aurait jamais dû pleurer. Mais « il y avait une atmosphère très chargée sur le plateau, beaucoup d’émotion dans l’air. Robin a lancé sa réplique « Merci Messieurs » et il s’est mis à pleurer. Les larmes coulaient sur son visage, je me souviens avoir été abasourdi », raconte Ethan Hawke.

Hommage O capitaine mon capitaine

« O Captain ! My Captain ! »
La version originale

Leaves of GrassO Captain! My Captain! our fearful trip is done;
The ship has weather’d every rack, the prize we sought is won;
The port is near, the bells I hear, the people all exulting,
While follow eyes the steady keel, the vessel grim and daring
But O heart! heart! heart!
O the bleeding drops of red,
Where on the deck my Captain lies,
Fallen cold and dead.

O Captain! My Captain! rise up and hear the bells;
Rise up – for you the flag is flung – for you the bugle trills;
For you bouquets and ribbon’d wreaths – for you the shores a-crowding;
For you they call, the swaying mass, their eager faces turning
Here Captain! dear father!
This arm beneath your head;
It is some dream that on the deck,
You’ve fallen cold and dead.

My Captain does not answer, his lips are pale and still;
My father does not feel my arm, he has no pulse nor will;
The ship is anchor’d safe and sound, its voyage closed and done;
From fearful trip the victor ship comes in with object won
Exult, O shores, and ring, O bells!
But I with mournful tread,
Walk the deck my Captain lies,
Fallen cold and dead.

Walt Whitman (1819-1892)
Extrait de Leaves of Grass (1855-1865)

© Miss & Mister Corail / DR

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