Bienvenue à Nakhodka, dans l’Extrême-Orient russe, avec vue imprenable sur la mer du Japon. C’est là que depuis plusieurs années sont retenus des orques et des bélugas capturés en liberté et qui y survivent… dans l’attente d’être vendus ! Ce lieu est désormais tristement célèbre pour être devenu « la prison des baleines ».

Prison baleine

L’affaire éclate à la fin de l’année 2018, après la découverte par des médias indépendants d’une prison pour baleines située au large de la ville portuaire de Nakhodka, dans l’Extrême-Orient russe.
Au vu des premières images, une dizaine d’orques et plus de 90 bélugas capturés dans l’océan sont parqués dans de petits enclos à ciel ouvert afin, selon Whale and Dolphin Conservation Society, d’être vendus à des aquariums chinois.

La chasse à la baleine, à des fins commerciales, est interdite

Le scandale est immédiat. Selon les médias, quatre entreprises russes exploitent cette prison et auraient déjà exporté, depuis 2013, des dizaines de cétacés vers les parcs d’attraction animaliers qui se propagent en Chine.
Une enquête pour fraude est ouverte par les autorités russes, mais les ONG dédiées à la protection de l’environnement s’insurgent. Malgré des quotas nationaux stricts, la chasse à la baleine à des fins commerciales est interdite depuis 1982.

Le piège de glace

Les conditions de détention de ces animaux, habitués à un large espace, s’invitent au débat. Au début de l’hiver 2019, les enclos de Nakhodka se retrouvent piégés au milieu d’un champ de glace qui menace les animaux de mourir de froid.
Tandis que les ouvriers tentent de dégager les cages en fracassant la glace dans un vacarme assourdissant, certains orques commencent à se laisse flotter mollement, le corps meurtri par la captivité, le stress, le givre, la maladie.

« Ces animaux doivent être relâchés ! »

La situation devient insoutenable, tout le monde se demandant combien d’animaux ont déjà péri à défaut d’avoir pu devenir rentables. Début avril, les autorités russes abdiquent et annoncent qu’ils doivent être relâchés.
Mais redonner la liberté à des cétacés affaiblis par la captivité n’assure en rien leur survie. « Des scientifiques de l’équipe Cousteau et des scientifiques russes détermineront quand et quels spécimens seront libérés », rassurent les autorités.

Un centre de réinsertion pour cétacés

Devant la complexité de cette opération de sauvetage, le gouverneur du Primorié propose de transformer la baie en centre de réinsertion pour cétacés : « Nous allons y créer les conditions les plus proches des conditions naturelles. »
En attendant, orques et bélugas restent en prison, suspendus au verdict d’une enquête aux conclusions incertaines. Enjeu financier oblige, les parcs d’attractions chinois peuvent encore, au final, avoir le dernier mot.

© Miss & Mister Corail / DR

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