Pour la cinquième année consécutive, notre île singulière accueille son Oursinade de Thau, une guinguette à ciel ouvert où les plateaux de fruits de mer se dégustent autour de vins et produits locaux. Au menu : l’oursin bien sûr, des poissons, des coquillages et des crustacés, sans oublier les célèbres tielles sétoises et autres huîtres de l’étang de Thau.


OursinadeA la mi-mars, l’esplanade Aristide Briand de Sète est occupée par une manifestation culinaire plutôt iodée. Durant deux jours, une quarantaine d’exposants locaux invitent des milliers de visiteurs à venir déguster des produits du terroir dans une ambiance festive avec des concerts et des animations chaperonnés par Sète agglopôle Méditerranée.
Parmi les stars présentes à cette cinquième édition de l’Oursinade, la tielle de Sète, l’huître de Bouzigues, les plateaux de fruits de mer, les brasucades de moules, les fritures de poissons à la plancha, les vins, zézettes et autres produits du pays… Mais surtout l’oursin de l’étang de Thau, devenu le temps d’un week-end le centre de toutes les attentions.

Sète Oursinade

Des graus de Marseillan aux canaux sétois

Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, l’étang de Thau est le plus grand plan d’eau de la région Occitanie. Relié à la mer Méditerranée par les graus de Marseillan et les canaux de Sète, il rassemble les ports de pêche ou de plaisance de plusieurs communes : Balaruc-les-Bains, Bouzigues, La Peyrade à Frontignan, Loupian, Marseillan, Mèze et bien sûr Sète.
Fort de ses 7 500 hectares et d’une profondeur pouvant atteindre 32 mètres au trou de la Bise, l’étang de Thau est un havre (menacé) de biodiversité. On y trouve de très nombreuses espèces d’oiseaux, parmi lesquelles le goéland, le flamant rose, le héron garde-bœufs ou la mouette rieuse. La faune marine n’est pas en reste avec une foule de poissons, coquillages et autres crustacés.

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Pourquoi une Oursinade avant le mois de mai ?

Surveillé par les Affaires maritimes et le Syndicat mixte du bassin de Thau, l’étang est un haut-lieu conchylicole, réputé pour la production de ces moules et de ces huîtres. Mais c’est l’oursin qui nous intéresse aujourd’hui, ce petit invertébré de forme arrondie au corps recouvert de piquants, que l’on surnomme aussi châtaigne de mer, œuf de mer ou hérisson de mer.
Très populaire en France, la consommation de l’oursin est restreinte par l’interdiction de pêche et de vente de l’animal entre mai et septembre afin de ne pas épuiser la ressource durant sa période de reproduction. C’est pourquoi des fêtes culinaires traditionnelles dédiées à l’oursin fleurissent un peu partout sur nos côtes de Méditerranée avant cette période dite de protection, généralement à partir de février et jusqu’au mois d’avril.

Oursin dégustation

Un goût salé et iodé, inévitablement marin

L’oursinade est née ! Mais comme pour l’huître, l’oursin est sujet à controverses sur ses qualités organoleptiques et ses apports nutritionnels, avec ses fervents admirateurs et ses inconditionnels détracteurs. Pour certains, la saveur de l’oursin n’a aucun intérêt ou peut même provoquer une sensation de dégoût. Pour d’autres, on le recherche pour son goût salé et iodé, inévitablement marin. Quelques aficionados lui trouvent même quelques nuances sucrées, parsemées d’agrumes ou de noisettes.
Dans notre région, le corail de l’oursin se déguste cru, assaisonné d’une goutte de jus de citron frais ou sur une tranche de pain beurré. Pêché au couteau ou acheté en poissonnerie, l’oursin est encore utilisé pour relever le goût de certaines sauces ou agrémenter certains plats, comme la soupe de poissons. Mais avis aux amateurs, toutes les espèces d’oursins ne sont pas comestibles… L’animal peut même devenir nocif pour la santé lorsqu’il est pêché dans une zone polluée.

© Miss & Mister Corail / DR

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