La Terre entre aujourd’hui dans sa sixième grande période d’extinction d’espèces depuis sa formation, il y a 4,5 milliards d’années. La sixième, mais aussi la plus grave. C’est le constat alarmant dressé il y a quelques mois par nos scientifiques. Unique responsable : l’homme qui, armé de filets de pêche, de DCP et de harpons, décime en toute impunité les animaux marins tout en polluant massivement les océans.


La baleine bleue
Un mastodonte en danger d’extinction

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Avec ses 30 mètres de long et et ses 170 tonnes, celle que l’on appelle rorqual bleu est le plus gros animal vivant sur notre planète. Comme la plupart de ses congénères, la baleine bleue est inoffensive pour l’homme et se nourrit essentiellement de petits poissons, calmars et autres crustacés.
Avant le début du XXe siècle, la baleine bleue était très présente dans nos océans, notamment dans l’océan Atlantique qui comptait plus de 200 000 individus. Un âge d’or brutalement rompu par l’arrivée de la chasse industrielle à la baleine et plus de 40 décennies de massacres qui ont amené l’espèce au bord de l’extinction.
La surpêche n’est cependant pas l’unique responsable de la situation. La baleine bleue peut aussi être victime des attaques des orques et des chocs contre des bateaux, sans oublier des migrations perturbées par les effets du réchauffement climatique. Protégée par la communauté internationale depuis 1966, on estime qu’il resterait aujourd’hui un peu plus de 10 000 baleines bleues à travers le monde.

Le lamantin
Un brouteur marin, paisible et inoffensif

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Surnommé « vache des mers » ou « vache marine », le lamantin est un brouteur marin qui vit paisiblement dans les lagunes, les marais et autres eaux chaudes et peu profondes des zones tropicales de l’océan Atlantique. A l’état naturel, l’animal ne rencontre aucun prédateur… C’est bien sûr sans compter sur l’homme.
Interdit de chasse dans le monde entier, le lamantin figure sur la triste liste des espèces en voie de disparition depuis 1973. Plus de 40 ans plus tard, le nombre d’individus que compte l’espèce est en chute libre.
Première cause, la pollution. Herbivore inoffensif, le lamentin absorbe une grande quantité d’aliments végétaux et par là même autant de déchets plastiques et autres polluants toxiques que l’homme déverse dans les océans. Les chocs avec les bateaux à moteurs sont également une cause importante de mortalité.

Le thon rouge
Entre surpêche et surconsommation

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Très prisé dans nos assiettes, le thon rouge n’est pas une espèce à proprement dit mais désigne une appellation culinaire réunissant plusieurs espèces de thons de grande tailles ayant pour point commun une chair de couleur rouge. On distingue ainsi le thon du Nord, classé en danger d’extinction, le thon du sud, classé en danger critique d’extinction, et le thon du Pacifique, considéré comme vulnérable.
Victimes de leur surpêche et de leur surconsommation, les deux premières espèces de thons viennent s’ajouter à la liste funèbre des animaux marins menacés d’extinction. Dans les deux cas, la capacité de pêche dépasse excessivement la capacité de production de la ressource.
L’avenir du thon rouge semble donc bien sombre. Car si le nombre de captures autorisées est régie depuis longtemps par des négociations entre États et arbitrées par des commissions chargées de la conservation de l’espèce, les stocks de thon rouge sont en perpétuel déclin depuis plus de 20 ans.

Le dugong
L’un des mammifères marins les plus menacés

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Dans certaines régions du monde, il n’est déjà plus qu’un lointain souvenir. Le dugong, cet herbivore marin à la silhouette potelée qui vit sur les littoraux des océans Indien et Pacifique, est aujourd’hui considéré comme l’un des mammifères marins les plus menacés.
Dernier représentant encore vivant de la famille des Dugongidae, l’animal est victime du tourisme, de la pollution et de l’urbanisation des côtes. Fréquemment blessé par les hélices des navires de pêche et de loisirs, le dugong est encore chassé pour sa viande.
Face à cette large panoplie de menaces humaines, l’animal n’a aucune chance de s’en sortir puisqu’il n’a pas le temps de se reproduire, sa majorité sexuelle intervenant vers l’âge de 10 ans. Ce qui explique un taux de reproduction excessivement faible.

Le béluga
Face au cancer maritime

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Rarement observé dans son milieu naturel, le béluga fait partie des premiers cétacés à avoir été élevés en captivité. Très intelligent, l’animal possède un sonar ultra-puissant qui lui permet de s’orienter dans dans les couloirs de glace de l’océan Arctique et d’éviter d’entrer en collision avec des navires.
Après plusieurs décennies de chasse au béluga, on estime aujourd’hui qu’il resterait environ 100 000 individus dans nos océans. Outre la surpêche, l’animal est fortement impacté par l’augmentation du trafic maritime et les effets du réchauffement climatique.
Le béluga est également très sensible à la pollution maritime. Des analyses scientifiques effectuées sur les carcasses d’animaux échoués ont démontré que des hydrocarbures et des métaux lourds provoquent des infections des voies respiratoires ou gastro-intestinales comparables aux cancers développés par les humains.

L’ hippocampe
Un poisson hippique victime de sa popularité

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Surnommé le « cheval de mer », l’hippocampe est un poisson très populaire qui évolue dans les eaux tempérées et tropicales de notre planète. Victime de son succès, l’animal fait désormais lui aussi partie de cette sombre liste des espèces en danger d’extinction.
Comme bon nombre de ces congénères, l’hippocampe est menacé par la destruction de son habitat et surtout par une surpêche proche du braconnage. Rien qu’en Chine, plus de 20 millions d’individus sont pêchés chaque année pour servir la gastronomie traditionnelle ou pour être revendus séchés aux touristes.
Face à ce véritable carnage, la France a mis au point plusieurs programmes de science participative pour participer à la sauvegarde de l’espèce. Ces observatoires sont principalement situés sur la façade atlantique, du bassin d’Arcachon à l’estuaire de la Gironde en passant par le lac d’Hossegor, ainsi que dans le bassin de Thau en Occitanie.

Le phoque moine
En danger imminent d’extinction totale

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Il ne resterait plus aujourd’hui que quelques spécimens de phoques moines, un mammifère phocidé réparti en trois espèces : celles de Hawaï et de Méditerranée qui sont en danger d’extinction, et celle des Caraïbes qui est complètement éteinte.
Chassé de son territoire par l’activité humaine, l’animal est de plus victime de faibles variations génétiques et ne peut donner naissance qu’à un seul petit après une très longue période de gestation. Un parc marin situé en Mer Égée lui est ainsi consacré pour lui permettre de tenter de se reproduire en étant protégé.
Devenu très rare, le phoque moine était pourtant présent en France il y a quelques décennies, dans les îles d’Hyères, en Corse ou dans les Calanques de Marseille. L’animal a aujourd’hui totalement disparu des côtes espagnoles au côtes turques en passant par la Sardaigne ou les îles Canaries.

L’esturgeon d’Europe
Par amour du caviar…

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Très courtisé depuis le début du XXe siècle pour ses œufs qui intègrent la composition du caviar, l’esturgeon est devenu l’espèce de poissons la plus menacée d’Europe à cause de sa surpêche. On estime au mieux qu’il ne resterait plus que quelques centaines d’individus.
Au bord de l’extinction, ce poisson dit migrateur anadrome est de plus mis à mal par la construction de barrages qui empêchent sa progression et sa reproduction. La pollution de son habitat par l’activité humaine est également responsable de son déclin.
Face à l’urgence de sauver l’espèce, l’esturgeon européen est protégé par la loi depuis 1982 et fait, en France, l’objet d’un plan de réintroduction depuis 2007. Un plan de sauvetage à l’échelle européenne serait actuellement à l’étude.

© Miss & Mister Corail / DR

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