Lors de son passage à Sète, mi-octobre, le Belem a littéralement été pris d’assaut par les passionnés de bateaux et les touristes. Construit il y a plus de 120 ans, cet impressionnant trois-mâts classé monument historique est aujourd’hui l’un des plus anciens grands voiliers naviguant au monde. Monter à bord, c’est découvrir les espaces de vie et de navigation qu’occupaient les marins à la fin du XIXe siècle.

Le Belem fait escale à Sète

L’histoire du Belem commence à la fin du XIXe siècle. Et plus précisément le 10 juin 1896, quand les chantiers Dubigeon donnent naissance au trois-mâts pour le compte de l’armement Crouan. Durant près de 20 ans, le Belem va naviguer vers des terres exotiques, du Brésil à la Guyane en passant par les Antilles, pour y ramener du rhum, du sucre ou des fèves de cacao.
A l’aube de la Première Guerre mondiale, le bateau est racheté par le duc de Westminster, qui l’équipe de moteurs pour en faire un yacht de luxe. Une mission guindée de courte durée puisque le navire passe aux mains de l’ingénieur Arthur Ernest Guinness en 1921, qui le renomme Fantôme II et part faire un tour du monde parmi d’autres nombreux voyages.

En 2016, le trois-mâts fête ses 120 ans

Nouveau changement de nom 30 ans plus tard quand la Fondation Cini en fait un navire-école pour les jeunes officiers de la marine marchande italienne et le rebaptise Giorgio Cini. Il faut attendre 1979 et le rachat du bateau par la Caisse d’Epargne pour que le Belem retrouve son identité et soit légué à la fondation éponyme qui le restaure et l’aménage en navire-école ouvert au public.
Classé monument historique en 1984, le Belem reprend du service alors que la plupart des navires de son époque ont disparu. Du centenaire de la statue de la liberté en 1986 aux Jeux olympiques de Londres en 2012 en passant par le 400e anniversaire de la fondation de le ville de Québec en 2008, le Belem participe aux plus grands événements et fête en 2016 ses 120 ans.

« Un navire né sous une bonne étoile »

Tour à tour navire commercial, yacht de luxe, navire-école militaire puis civil, le Belem ne doit sa longévité qu’à son incroyable adaptabilité et à la véritable passion que lui vouent les marins et les armateurs, qui ont su modifier son rôle et son usage au fil des années. « Le Belem est aussi né sous une bonne étoile », explique la Fondation Belem, « échappant miraculeusement à un incendie, à l’éruption de la montagne Pelée, aux bombardements des deux guerres mondiales et à un tremblement de terre au Japon ».
Aujourd’hui, le trois-mâts accueille un équipage de 16 marins, hommes et femmes, qui sont embarqués durant une période de 45 jours avant d’être remplacés par une nouvelle équipe. A bord de ce musée vivant : un capitaine, un second capitaine, un chef mécanicien, deux lieutenants, deux cuisiniers, un maître d’équipage, un maître charpentier et les matelots. La fondation forme ainsi une quarantaine de marins par saison.

Belem trois-mâts

-> Plus d’information sur le site de la Fondation Belem

Le Belem, un trois-mâts aux mensurations généreuses

Description : trois-mâts barque à vergues volantes
Mâture : 3 mâts en acier rivetés-soudés
Hauteur du grand mât : 34 m
Nombre de voiles : 22
Surface de toile : 1 200 m2
Tonnage : 534 tonneaux
Longueur : 58 m
Largeur : 8,80 m
Tirant d’eau : 3,60 m
Longueur de la coque : 51 m
Longueur à la flottaison : 48 m
Vitesse maximale : 9,2 nœuds

Belem ancien voilier

© Miss & Mister Corail / Fondation Belem / Benjamin Decoin

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