L’affaire du jeune Marin, laissé pour mort après avoir défendu un couple qui s’embrassait dans la rue, fin 2016 à Lyon, avait déclenché une vague d’indignation et de soutien à travers toute la France. Son agresseur, 17 ans au moment des faits, vient d’être condamné à sept ans et demi de prison. Une peine réduite de moitié qui crée la polémique.


Les faits se déroulent le 11 novembre 2016 à Lyon, quand un couple se fait agresser dans la rue par une bande de jeunes parce qu’il s’embrasse. Le jeune Marin, 20 ans, étudiant en sciences politiques, s’interpose pour défendre le couple en prétextant qu’on a le droit de s’embrasser où l’on veut.
L’un des agresseurs, qui est « au bord de l’effondrement psychique à l’époque des faits » selon ses éducateurs, s’en prend alors à Marin, qui se réfugie dans un bus avec sa petite amie. L’agresseur les suit, muni d’une béquille, et assène un coup d’une rare violence sur le crâne de Marin.

Entre enfance malheureuse et lourd passé judiciaire

Un an et demi plus tard, l’affaire se retrouve à huis clos devant la Cour d’assises des mineurs du Rhône. Car l’agresseur avait 17 ans au moment des faits. Poursuivi pour « violences avec usage ou menace d’une arme suivie de mutilation ou infirmité permanente », il encoure une peine maximale de 15 ans de réclusion.
L’avocat général requiert d’ailleurs une peine ferme de 14 ans de prison. Le jeune délinquant a déjà un lourd passé judiciaire, avec 21 condamnations pour vols, menaces et violences. Dans la salle d’audience, ses parents évoquent son enfance malheureuse, pour ne pas dire chaotique. « Il ne peut se résumer à ce geste-là », plaide son avocat.

« J’ai abandonné tout espoir de redevenir le Marin d’avant »

Face à lui, Marin est entouré par ses proches et sa petite amie. Il porte encore les stigmates de son agression, avec son bras replié sur la poitrine et ses cicatrices sur le crâne. Soutenu à bout de bras, il se déplace avec difficulté. Le jeune homme a été reçu il y a quelques semaines par le pape François au Vatican, mais a abandonné « tout espoir de redevenir le Marin d’avant ».
Sa famille exige une condamnation exemplaire. « Je ne pourrai pas me contenter de quelques années », lance sa mère. Mais pour l’avocat de l’agresseur, son client doit être jugé comme « l’enfant qu’il était au moment des faits et qui a bien été décrit comme tel par plusieurs témoins ».

L’excuse de minorité au centre de cette affaire

Au terme de trois jours d’audience, le verdict tombe : l’accusé est condamné à sept ans et demi de prison. L’excuse de minorité, qui était en réalité le point central de cette affaire, a été retenue. Les parties civiles sont consternées. Pour leurs avocats, « ce n’est pas à la mesure du désastre auquel on assiste ».
Après avoir passé plusieurs semaines à se battre entre la vie et la mort et avant de rejoindre son centre de rééducation en Suisse, Marin s’adresse à son agresseur. Il l’invite « à changer de manière de vivre, de changer en prison ». Ce dernier, qui « a du mal à dire les choses » selon son avocate, a simplement reconnu qu’il avait détruit une vie. Celle de Marin.

Affaire Marin soutien

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Excuse atténuante de minorité
Ce que dit la loi !

En vertu des articles 20-2 et 20-3 de l’ordonnance du 2 février 1945, le tribunal pour enfants et la cour d’assises des mineurs ne peuvent prononcer une peine privative de liberté supérieure à la moitié de la peine encourue par un majeur pour l’infraction concernée ou à vingt ans de réclusion si la peine fixée est la réclusion à perpétuité (…) Ce principe connaît cependant une exception. Si le mineur est âgé de plus de seize ans, le tribunal pour enfants et la cour d’assises des mineurs peuvent, à titre exceptionnel, et compte tenu des circonstances de l’espèce et de la personnalité du mineur, décider qu’il n’y a pas lieu de faire application de la réduction de peine.
(source : senat.fr)

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