Après avoir remporté le Vendée Globe en 2013 et la Route du Rhum en 2014, le skipper François Gadart fait une nouvelle fois briller la voile dans le ciel du sport français. Le 17 décembre 2017, il est accueilli triomphalement dans le port de Brest après avoir pulvérisé le record du tour du monde en solitaire, à bord de son trimaran Macif.

Francois Gabart

Francois Gabart marin« Vu le chrono de Thomas Coville, il est peu probable que je le batte, mais il y a un espoir et je m’accroche à ça. Je vais tout faire pour ! » 42 jours, 16 heures, 40 minutes et 35 secondes plus tard, François Gabart franchit la ligne d’arrivée virtuelle au large d’Ouessant. Il vient de pulvériser le record du tour du monde à la voile en solitaire, avec plus de six jours d’avance sur son prédécesseur.

Accueilli au concert des cornes de brume et escorté par plusieurs dizaines de bateaux, le skipper français rentre en héros dans le port de Brest. « Je ne m’y attendais pas, je n’aurais jamais imaginé battre autant le record », déclare humblement le petit prince des océans, qui se dit également « épuisé. Ce qu’on va chercher en soi pour tenir, c’est hyper profond. Il va me falloir des semaines, des mois pour récupérer cette énergie ».

Pour atteindre de telles performances, François Gabart avoue y être allé « à fond la caisse ». « On est toujours en éveil, on est à fond sur le bateau », explique le marin, qui évoque des pointes de vitesse jusqu’à 48 nœuds sur une mer parfois cabossée. « Il fallait que je trouve la bonne vitesse pour tenir en arrivant sur la ligne d’arrivée sans aucun regret », explique-t-il au micro d’Europe 1.

Trimaran

François Gabart corpsUn bateau à la pointe
des nouvelles technologies

Certes, le skipper a pu compter sur une météo relativement clémente, malgré quelques frayeurs à l’approche d’un iceberg, ainsi que sur un bateau à la pointe des nouvelles technologies. La coque centrale fermée et protégée du trimaran, notamment, permet de naviguer plus vite et en sécurité, surtout lorsque l’embarcation menace de se retourner.

« Ce qui se passe avec François, c’est que l’on arrive à une génération de bateaux qui va plus vite que le temps », commente de son côté Thomas Coville, qui reste bon joueur malgré ces fameux six jours qui le séparent désormais de François Gabart. « Notre sport, la voile, est en train de devenir un témoin sociétal de ce qu’est le sport moderne de demain », déclare-t-il à Ouest France.

« C’est vrai qu’on a franchi un cap important. C’est indispensable aux vitesses où l’on va », convient François Gabart. Mais si le marin transforme chacune de ses prestations en succès, ce n’est pas seulement grâce aux nouvelles technologies. Pour comprendre cette relation fusionnelle qui unie François Gabart à la mer, il faut remonter à son plus jeune âge.