« Cette année est très difficile, surtout en cette période hivernale. Le Refuge a besoin de vos dons ! » Avec plus d’une centaine de jeunes pris en charge chaque soir, l’association est plus que jamais mobilisée pour venir en aide aux victimes d’homophobie, dont le nombre est en constante augmentation. Rencontre et mise au point avec le fondateur et président du Refuge, Nicolas Noguier.


Affiche Le Refuge RomainDepuis 2003, le Refuge vient en aide aux jeunes majeurs victimes d’homophobie ou de transphobie en France. Pour l’association, il s’agit de proposer un hébergement temporaire et un accompagnement adapté à ces personnes en situation de rupture familiale et confrontées à des difficultés sociales.
« Nous réalisons 25 000 nuitées d’hébergement par an et nous répondons à toutes les demandes 24h/24. Notre ligne d’écoute est le 06 31 59 69 50. Tous les jeunes sont pris en charge dans nos dispositifs, en structures hôtelières ou auprès de partenaires sensibilisés », explique Nicolas Noguier, le fondateur de l’association.
« Ces jeunes sont dans une situation de grand isolement et d’homophobie intériorisée. Ils ont souvent beaucoup de mal à s’accepter eux-mêmes. » Au Refuge, chaque jeune est mis à l’abri et va pouvoir commencer à construire, soutenu par les bénévoles de l’association, un nouveau projet de vie.

Nicolas Noguier
Fondateur et président du Refuge, Nicolas Noguier est également Inspecteur de l’action sanitaire et sociale à l’ARS Occitanie, sur le champ de la prise en charge des personnes âgées.

« Je ne m’attendais pas à un tel afflux de demandes »

Le RefugeL’histoire du Refuge commence en réalité en l’an 2000. Nicolas Noguier a alors 22 ans et étudie à l’Université de Montpellier. « Issu d’un milieu rural, j’ai intériorisé mon homosexualité durant toute mon adolescence et ce n’est qu’en partant étudier dans une grande ville que j’ai pu m’extérioriser et m’accepter moi-même », se souvient-il.
« Je me suis alors demandé vers où pouvaient se tourner les adolescents LGBT qui se retrouvaient à la rue et j’ai contacté un grand nombre de structures sociales partout en France pour faire un premier état des lieux. C’est là que j’ai pris conscience de l’absence de formation des travailleurs sociaux. »
Trois ans plus tard, l’association est officiellement créée. En 2005, un premier jeune est hébergé à l’hôtel. Aujourd’hui, ils sont plus d’une centaine à être pris en charge, chaque soir, par l’association. Nicolas Noguier l’avoue : « J’étais et je suis toujours très motivé, mais je ne m’attendais pas à un tel afflux de demandes ! »

Nicolas Noguier Prix Refuge
En 2014, Nicolas Noguier reçoit à Rio de Janeiro un prix international pour la création et le développement du Refuge.

« 2017 sera une année plus terrible encore »

Affiche Le Refuge LudivineContre toute attente, le nombre de jeunes victimes de discrimination du fait de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre progresse. « On constate une croissance des demandes », confirme Nicolas Noguier. « Depuis fin 2012, on assiste à une libération de la parole homophobe et transphobe et cette forme de violence s’ancre dans notre société. »
Fin 2012, on se souvient que plusieurs dizaines de milliers de manifestants envahissent les rues de la capitale pour scander des slogans hostiles au mariage homosexuel et à l’homoparentalité. « Dans les rangs (de la Manif pour tous) court une homophobie ordinaire qui consiste à manifester pour le maintien d’une discrimination », commente alors Libération.
« Tous les ans, nous espérons que cette tendance s’inverse mais les chiffres témoignent, malheureusement, du contraire », ajoute le président du Refuge. « Au 5 septembre 2017, l’association a enregistré 2 965 appels. C’est le chiffre qui avait été atteint le 31 décembre 2016. Plus de 600 jeunes ont fait une demande d’hébergement. 2017 sera une année plus terrible encore que 2016 au niveau de l’activité du Refuge. »