Responsabilités du chef de bord, matériel de sécurité obligatoire à bord ou respect des limitations de vitesse, la navigation est régie par des règles que chaque navigateur se doit de connaître et de respecter afin de prévenir des accidents qui, en mer, peuvent être dramatiques. Avant d’appareiller, voici un petit rappel des règles !

Les responsabilités du chef de bord

Avant d’appareiller, le chef de bord doit s’assurer que toutes les conditions de sécurité sont réunies, en vérifiant notamment le bon état du moteur et le nombre de passagers embarqués par rapport à la capacité du bateau. Son rôle est également de consulter la météo, vérifier le niveau de carburant et prévenir une personne à terre de ses intentions ou de son itinéraire.
Le chef de bord doit bien sûr avoir avec lui son permis plaisance ainsi que l’acte de circulation ou de francisation du navire. Cela sous-entend la connaissance et le respect des règles de navigation. Il a la responsabilité d’équiper ses passagers de gilets de sauvetage et de pouvoir sauver une personne naufragée. En cas d’accident ou de perte du bateau, il doit entrer en contact avec les affaires maritimes.

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Trois zones de navigation : basique, côtière et hauturière

Avant de prendre la mer, le chef de bord doit repérer les abris qui lui permettront d’accoster ou mouiller en sécurité. Précisons à ce sujet que les navires porteurs sont considérés comme des abris pour leurs annexes.
On compte trois zones de navigation : basique (moins de 2 milles d’un abri), côtière (moins de 6 milles d’un abri et hauturière (plus de 6 milles d’un abri). La première zone est souvent occupée par les planches à voile, les petites embarcations ou les véhicules nautiques à moteurs.
Le chef de bord doit également être capable de ne pas s’aventurer dans les zones de navigation interdites, comme les zones de baignade, certaines zones de mouillage et les zones protégées.

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La limitation de vitesse en fonction des catégories

Le non-respect des limitations de vitesse est l’une des causes principales d’accidents et d’abordages en mer. Il faut retenir que dans les ports, la vitesse est généralement limitée à 3 nœuds. A l’intérieur de la bande des 300 mètres et quel que soit le type de navire, la navigation est cette fois limitée à 5 nœuds.
En mer, il convient d’adapter les capacités du navire à l’état de la mer (en mètres) par rapport à la force du vent (sur l’échelle de Beaufort). On distingue 4 catégories :
A : haute mer. Force du vent : plus de 8. Hauteur des vagues : plus de 4 mètres.
B : au large. Force du vent : jusqu’à 8. Hauteur des vagues : jusqu’à 4 mètres.
C : à proximité de la côte. Force du vent : jusqu’à 6. Hauteur des vagues : jusqu’à 2 mètres.
D : en eaux protégées. Force du vent : jusqu’à 4. Hauteur des vagues : jusqu’à 0,5 mètres.

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Pièces administratives, marquage et immatriculation

Commençons par le marquage, la plaque signalétique et l’immatriculation. Le navire doit être marqué par la norme CE, une plaque signalétique qui indique le nom du constructeur, le modèle, la catégorie de conception, la charge maximale, le nombre maximal de personnes à bord ainsi que la puissance maximale du moteur. L’immatriculation doit être présente sur les deux coques et à l’arrière du navire. Cette dernière se compose de 3 lettres et de 5 chiffres.
Parmi les pièces administratives, le chef de bord doit posséder son permis plaisance option côtière et la carte (bleue) de circulation du navire. Attention, la navigation en eaux intérieures nécessite généralement un permis adapté. Un acte de francisation est demandé lorsque le navire mesure plus de 7 mètres de longueur, s’il quitte la zone européenne ou dispose d’un moteur de plus de 22 CV fiscaux.
Le chef de bord doit enfin posséder le manuel du constructeur renseignant la conception du navire, le contrat de location ou l’attestation du propriétaire en cas de prêt.

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Le matériel de sécurité obligatoire à bord

Ce matériel dépend des caractéristiques du navire et de sa distance d’éloignement par rapport à un abri. Il permet de sécuriser le bateau en cas de panne ou de dérive vers une zone dangereuse. Rappelons qu’en cas de problème, le premier geste consiste à immobiliser le bateau en mouillant son ancre.
Jusqu’à 2 milles d’un abri (zone basique de navigation), le navire doit posséder l’équipement individuel de flottabilité, le matériel permettant à une personne tombée à l’eau de remonter à bord, un moyen de repérage lumineux, un dispositif d’assèchement et de sécurité coupant l’allumage et les gaz en cas de chute du conducteur, la ligne de mouillage, un dispositif de remorquage et de lutte contre les incendies, ainsi que le pavillon national.
Jusqu’à 6 milles d’un abri (zone basique de navigation), le matériel de sécurité est composé de 3 feux rouges automatiques à main, un miroir de signalisation et un moyen de signalisation sonore, un dispositif de sauvetage des personnes tombées à l’eau, un compas magnétique, une carte de navigation et les documents relatifs au Règlement international pour prévenir les abordages en mer (RIPAM).

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Reconnaître un signal de détresse

Le signal de détresse est un système invitant les autres navires à porter secours sauf si cela met en danger leur propre sécurité. Les principaux signaux de détresse sont le miroir de signalisation, qui alerte en réfléchissant les rayons du soleil, la fusée à parachute que l’on projette dans les airs et qui dure une vingtaine de secondes, le feu automatique à main qui produit une lumière rouge durant 2 minutes ou plus simplement un marin qui agite les bras de haut en bas de chaque côté du corps.
Un navire en détresse peut également se manifester en produisant un signal sonore en continu, en hissant les pavillons N et C ou en utilisant la VHF (canals 16 ou canal 70) ou un téléphone portable n°(112).

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Les organismes chargés du sauvetage en mer

Deux principaux organismes sont concernés par le sauvetage en mer. Les CROSS (centres régionaux de surveillance et de sauvetage) sont situés en France métropolitaine et en Outre-mer. Ils ont pour mission de coordonner les opérations de sauvetage, surveiller et sanctionner la navigation, diffuser des bulletins météorologiques ou encore alerter sur des problèmes graves de pollution. Les CROSS peuvent être contactés via la VHF ou au n°112.
La SNSM (société nationale de sauvetage en mer) est de son côté composée de bénévoles qui agissent pour le compte du CROSS. Leur principale mission est le sauvetage de vies humaines en mer.

Bon à savoir !

Les pannes de carburant sont un problème récurrent pour les navigateurs. C’est pourquoi il leur est recommandé de prévoir une marge de sécurité de 30%. La consommation de carburant varie en effet selon la vitesse, la force du vent et la force des vagues.
Certains ports aux eaux peu profondes sont également pourvus d’écluses, qui permettent le transit des bateaux durant la basse mer. Cet éclusage impose un amarrage obligatoire et le respect des feux de signalisation ainsi que celui de l’ordre d’arrivée des bateaux.

© Miss & Mister Corail / DR

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