Si le danger est généralement plus présent sur terre que dans l’eau, certains animaux marins sont réputés pour leur extrême dangerosité. Qu’ils chassent l’homme pour se nourrir ou provoquent la mort en se défendant, le plus sûr moyen de rester en vie est de tout simplement les éviter. En tête de liste des mauvaises rencontres : le crocodile de mer, surnommé le mangeur d’hommes !

Le crocodile marin : le mangeur d’hommes

Son nom scientifique est Crocodylus porosus, mais on l’appelle également crocodile de mer ou crocodile à double crête. Cette espèce est très présente dans la zone Asie-Pacifique et a la particularité d’évoluer aussi bien en eau de mer qu’en eau douce, même s’il préfère les rivières et les marais. L’animal peut mesurer près de 6 mètres de long pour un poids de 800 kilos et peut atteindre une vitesse de 30 km/h, ce qui en fait un danger bien réel pour les populations. Le crocodile marin est un mangeur d’hommes ! Ce monstre de la nature est même capable de venir à bout de très gros animaux comme le kangourou, le sanglier ou le buffle. Bien qu’il ne soit pas encore considéré comme une espèce menacée, le crocodile marin ne compte plus que 250 000 individus. L’animal est en effet victime de la chasse, du braconnage et de l’activité humaine, qui détruit peu à peu son habitat naturel.

La méduse, plus dangereuse que le requin

Apparues sur Terre il y a environ 650 millions d’années, les méduses sont réparties dans une grande famille de quelques 1 500 espèces dont certaines peuvent être mortelles pour l’homme, notamment la classe Cubozoa. On les trouve principalement en eau salée, mais certaines variétés se sont aussi adaptées à l’eau douce. La piqûre de méduse est très douloureuse et provoque des vertiges, des crampes, des troubles cardiaques ou de l’hypertension. L’animal attaque grâce à ses tentacules et injecte son venin en assénant une multitude de micro-piqûres… Quand ce n’est pas tout le corps de la méduse qui est recouvert de cellules urticantes. On estime que les méduses provoquent chaque année jusqu’à 30 fois plus de morts humaines que les requins. Loin d’être une espèce menacée, la méduse bénéficie au contraire de la surpêche et du réchauffement climatique.

Le poisson-pierre, un venin puissant et mortel

C’est tout simplement le poisson le plus venimeux du monde. Et son aspect est repoussant ! Avec son corps flasque et globuleux, ce poisson d’environ 40 cm de long est difficilement détectable car ses boursouflures se confondent avec l’environnement, d’où son nom de poisson-pierre. L’animal est surtout doté d’une arme redoutable : une série de 13 épines dorsales qui injecte un venin puissant, qu’il dresse très rapidement lorsqu’il se sent menacé. Le poisson-pierre n’attaque pas de son propre chef, mais gare aux baigneurs qui marcheraient ou poseraient malencontreusement la main sur lui. La piqûre du poisson-pierre est extrêmement violente et paralyse tout le membre infecté, provoquant au mieux une perte de conscience, au pire la mort par arrêt cardiaque. Le venin agit de plus jusqu’à un mois dans le corps de la victime. Ce poisson est présent dans la zone Asie-Pacifique.

Le requin, un prédateur à sensations

S’il est loin d’être l’animal le plus dangereux, le requin sème la panique et l’effroi à chacune de ses apparitions, notamment à cause de cette image de mangeur d’hommes véhiculée par le cinéma et les médias. On compte seulement cinq espèces réputées dangereuses pour l’homme : le requin tigre, le requin blanc, le requin bouledogue, le requin mako et le requin longimane. Le nombre d’accidents causés par des requins est lui aussi dérisoire : quelques dizaines d’attaques par an à travers le monde, dont environ cinq mortelles. Les premières victimes sont les pêcheurs sous-marins, qui attirent l’animal avec leurs proies, ainsi que les surfeurs, que le requin confond avec des animaux marins. En cas de morsure, la victime doit être sortie de l’eau et prise en charge en urgence. Le requin, poussé vers les côtes par le changement climatique et l’activité humaine, est attiré par les plaies et l’odeur du sang.

Le cône géographe, le coquillage de la mort

Présent dans l’océan Indien et l’océan Pacifique, le Conus geographus, également appelé cône géographique, est une espèce de mollusque et un coquillage considéré comme le plus dangereux et le plus venimeux pour l’homme. Lors de l’attaque, l’animal déploie en effet un dard enduit de venin qui paralyse jusqu’aux muscles respiratoires de la victime et la tue en moins de deux heures. La douleur provoquée par une piqûre de cône géographe est estimée plus violente que la morsure d’un cobra. On ne dénombre heureusement qu’une petite dizaine de morts humaines par an, car si le cône géographe est gros, il se déplace très lentement, ce qui l’empêche de causer des dégâts à la hauteur de sa taille. Les principales victimes sont des pêcheurs et des plongeurs, attirés par les superbes motifs de ce coquillage qui, comme son nom l’indique, représente une carte reproduisant les cinq continents.

Le fugu : le poisson poison

Surnommé poisson-globe ou poisson-ballon parce qu’il se gonfle d’eau à l’approche d’un danger, le fugu est aujourd’hui une espèce menacée à cause de la surpêche et de la surexploitation. On estime même qu’à l’état naturel, sa population mondiale a diminué de près de 100% en seulement 40 ans. Le fugu est très recherché pour sa chair, notamment à Taïwan, au Japon ou en Polynésie. Sa préparation nécessite cependant quelques précautions car le poisson produit de la tétrodotoxine, un poison très dangereux contre lequel il n’existe aucun antidote. L’intoxication est rapide et grave, entraînant la mort du patient par arrêt respiratoire en seulement quelques heures. Au japon, ou le poisson est consommé en sushi, le fugu serait responsable de la mort d’une vingtaine de personnes chaque année.

La vive, un danger inévitable

Si les Français d’Outre-mer doivent batailler dur contre le très encombrant poisson-pierre, les métropolitains ne sont pas en reste avec la vive, qui sévit de l’Atlantique à la Méditerranée mais aussi en mer Noire. Que de points communs en effet entre ces deux poissons car la vive évolue sous la surface du sable et déploie une épine dorsale venimeuse lorsqu’elle se sent agressée. Ses principales victimes sont bien sûr les baigneurs qui lui marchent dessus bien malgré eux. Comme pour le poisson-pierre, la piqûre de vive entraîne une douleur violente qui se propage jusqu’aux os et peut provoquer de multiples infections. Si on ne dénombre pas de mort humaine causée par la vive, l’hospitalisation est en revanche fréquente. Ce poisson est utilisé dans certains mets culinaires, comme la bouillabaisse, mais il doit être manipulé avec précaution car même mort, son venin reste encore très actif.

La murène, un monstre marin

Si la murène souffre d’une très mauvaise réputation, c’est avant tout à cause de son physique. L’animal offre en effet un aspect plutôt patibulaire, avec son corps anguilliforme et robuste, sa tête massive et ses mâchoires acérées. La majorité des murènes vit dans les récifs des mers chaudes et se cache à la vue des êtres humains. L’animal, qui est très vif, peut en revanche attaquer lorsqu’il est surpris ou qu’il se sent menacé. La morsure de murène est extrêmement douloureuse. Les principales victimes sont des plongeurs qui s’intéressent de trop près au terrier des murènes. Le nourrissage à la main, réalisé dans le but de divertir les touristes, a d’ailleurs été interdit dans plusieurs parties du monde, comme sur la Grande Barrière de corail. La murène se nourrit de poissons, mollusques, crustacés et s’allie parfois à certains autres poissons comme le mérou pour chasser.

La pieuvre, entre mythes et légendes

Dans l’histoire des hommes, la pieuvre a longtemps souffert d’une très mauvaise réputation. De l’Antiquité aux romans de Jules Verne ou Victor Hugo, on a longtemps cru que cet animal à huit bras et au corps mou était capable d’attaquer les navires et de tuer les hommes. Il faut attendre l’arrivée de la plongée sous-marine et l’étude comportementale de ce céphalopode benthique pour découvrir la vraie personnalité de la pieuvre. Malgré un physique ingrat, l’animal est en effet très intelligent, capable d’analyser, de mémoriser et d’apprendre. Les espèces domestiquées, habituées à la présence des hommes, entretiennent d’ailleurs avec eux des liens familiers. En milieu naturel, les pieuvres sont en revanche très craintives et s’enfuient à l’approche des plongeurs. Quelques rares espèces, comme la pieuvre à anneaux bleus, sont réputées dangereuses et peuvent attaquer lorsqu’elles se sentent agressées.

© Miss & Mister Corail / DR

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