La navigation de plaisance est régie par un système de balisage précis. Celui-ci permet aux navigateurs de circuler en sécurité dans un port, un chenal, au large des plages et de pouvoir éviter des zones interdites ou dangereuses ; les obstacles temporaires ou récents n’étant pas répertoriés sur les cartes maritimes. Petit rappel des balises en mer.

En mer, les balises indiquent aux navigateurs les limites d’un passage et le préviennent d’un danger. Il est logiquement interdit de s’y amarrer ou de jeter l’ancre à proximité.
On différencie deux types de balises : les balises fixes (tourelles, espars) qui sont fixées sur la roche et les balises flottantes (bouées), qui sont reliées aux fonds marins par une chaîne.
Les balises se distinguent également par différents types de marquage. De jour, le navigateur interprète une balise en fonction de sa forme, de son voyant et de sa couleur. De nuit, il doit se fier à la couleur et au rythme de ses feux.
Les feux des balises peuvent être à éclats (durée lumineuse courte), à occultations (durée lumineuse longue), isophase (égalité des temps de lumière et d’extinction) et scintillants (éclats lumineux rapides).
Pour savoir quel cap suivre à l’approche d’une balise, le navigateur doit renseigner son compas afin de définir sa route par rapport au point cardinal désigné par la balise.

Le marquage des balises

Les marques d’eaux saines indiquent l’absence d’obstacle. Elles se reconnaissent par une sphère rouge et des rayures verticales rouges et blanches. Leurs feux sont de couleur blanche. Le navigateur laisse indifféremment cette balise à bâbord ou à tribord.

Les marques latérales rouges ou vertes indiquent les limites d’un chenal ou d’un passage difficile. En entrant dans le port, le navigateur laisse les balises rouges à bâbord et les balises vertes à tribord. En sortant du port, c’est l’inverse. Ces balises peuvent être équipées de feux aux rythmes variés et de marques numérotées (paires pour le rouge, impaires pour le vert).
Lorsque les balises portent une bande de couleur inverse à la couleur principale, elles indiquent un chenal préféré.

Les marques cardinales indiquent un passage permettant d’éviter un danger. Le principe est très simple : une cardinale Nord oblige à passer au Nord, une cardinale Ouest oblige à passer à l’Ouest de la balise, etc.
De couleurs jaune et noire, les balises cardinales se caractérisent par un voyant constitué de deux cônes noirs. Ces derniers sont soit dirigés vers le haut (cardinale Nord, feux scintillants continus), vers le bas (cardinale Sud, six feux scintillants et un éclat long), vers l’intérieur (cardinale Ouest, neuf feux scintillants) ou vers l’extérieur (cardinale Est, trois feux scintillants).

Les marques spéciales sont jaunes et signalent des zones interdites ou réservées. Elles délimitent notamment les zones de baignade, la limite des 300 mètres ou les parcours nautiques. Lorsqu’elles sont équipées d’un voyant en forme de « X », elles sont « durables » et protègent des zones spécifiques (mouillage, pêche, culture ostréicole, etc.).

Les marques de danger isolé se caractérisent par des rayures horizontales rouges et noires surmontées de deux sphères noires. Les feux sont de couleur blanche et brillent au rythme de deux éclats. Le navigateur laisse indifféremment cette balise à bâbord ou à tribord.
Attention, lorsque deux bouées identiques sont positionnées l’une à côté de l’autre, il s’agit d’un « danger nouveau grave » qui n’est pas répertorié sur les cartes.

Les panneaux de signalisation. Plusieurs pictogrammes bleus (autorisation) ou barrés en rouge (interdiction) peuvent apparaître sur les balises. Ils donnent des instructions sur les accès des navires à moteur, des navires à voile, des bateaux sans moteur ni voile, des planches à voiles, du ski nautique, des véhicules nautiques à moteur (VNM), des zones de baignade ou rappellent simplement la vitesse autorisée.

Les feux de circulation

Le trafic portuaire est géré par des feux de circulation composés de trois feux superposés. L’autorisation de naviguer est accordée par trois feux verts en sens unique et deux feux verts à double sens. Deux feux verts espacés signalent un passage autorisé sur ordre transmis par les autorités du port.
L’interdiction est quant à elle signifiée par trois feux rouges, qui clignotent lorsque le danger est grave. Lorsqu’un feu jaune est disposé à côté des feux verts ou rouges, cela précise une dérogation pour circuler en dehors du chenal.

Le cas spécifique des plages

Rappelons tout d’abord que la vitesse autorisée dans la bande des 300 m reste limitée à 5 nœuds sur tout le littoral français, même en l’absence de balises.
Le balisage des plages, qui sont des zones interdites aux engins à moteur, est signalé par des bouées sphériques jaunes espacées d’environ 200 mètres. Les zones strictement réservées aux baigneurs sont délimitées par des colliers de sphères jaunes.
Enfin, les bouées jaunes cylindriques et coniques indiquent des chenaux traversiers : il faut laisser les premières à bâbord et les secondes à tribord.

Un peu de vocabulaire

Bâbord : ce qui est à gauche du navire quand on regarde vers l’avant.
Balise : signal de balisage fixe.
Bouée : signal de balisage flottant.
Cap : angle que fait l’axe longitudinal du bateau avec le Nord.
Chenal : passage le plus profond.
Compas : visible depuis le poste de pilotage, il indique la route suivie.
Espar : Composite d’un bateau portant un signal de balisage.
Marque de balisage : désigne l’ensemble des signaux de balisage.
Mouillage : zone ou le navire est ancré.
Tribord : ce qui est à droite du navire quand on regarde vers l’avant.
Voyant : forme géométrique distinctive qui permet d’identifier une marque de balisage.

© Miss & Mister Corail / DR

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