Casanova, sa dernière chanson est un tube. Annabelle fait craquer les hommes qui l’approchent. Et si son père accepte mal qu’elle ait choisi la chanson, elle aimerait pourtant bien chanter un duo avec lui.

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« J’aime la scène, je veux chanter, faire du théâtre, du cinéma… Ma plus grande ambition : devenir célèbre. » Annabelle, belle comme son nom, marche d’un pas décidé sur la voie royale, avec son deuxième disque, Casanova Solo. Du talent, incontestablement, beaucoup de sérieux, du professionnalisme, tels sont les atouts majeurs de cette ravissante et délicate jeune femme de 20 ans. Rien à voir avec l’ambition d’une starlette capricieuse à l’affût d’une fausse gloire. Non, Annabelle attend la reconnaissance de son travail, la reconnaissance d’elle-même.
« J’en ai assez d’entendre : c’est la fille de Mouloudji ! Laissez-moi donc exister un peu ! Je veux être aimée, appréciée pour moi-même ! Et puis il ne faut pas croire qu’avec un papa chanteur, toutes les portes vous soient grandes ouvertes. D’ailleurs mon père ne s’est jamais occupé de ma carrière. Aujourd’hui nous ne nous voyons pratiquement plus. Il est fâché parce qu’il n’accepte pas encore que je chante. Lui me voyait danseuse étoile… »
En effet, l’avenir d’Annabelle semblait tout tracé : dès l’âge de 8 ans, elle faisait de la danse classique, devenait petit rat de l’opéra, se familiarisant déjà complètement avec la scène. Plus tard (tout en s’exerçant de temps en temps au chant, aidée des conseils paternels), elle achevait sa formation très poussée de danseuse à l’Ecole Balanchine à New York. Et puis elle a eu envie de faire autre chose, voir plus avant du côté du chant, de la comédie.
Elle se met à travailler sa voix sérieusement, sans songer une seconde qu’elle s’engage sur les traces prestigieuses de son père… Prise au jeu qui devient vite passion, elle sort un premier disque en 87 puis un second, sans compter s’arrêter en si bon chemin, malgré la douloureuse désapprobation paternelle. Pourtant, ses souvenirs d’enfance l’attendrissent. Et la scène, après tout, c’est bien son père qui lui a fait découvrir.

« L’amour, c’est beau, mais ça prend trop la tête. J’en sais quelque chose »

« Je me souviens, raconte-elle, que mon père m’emmenait avec lui sur la scène au moment de ses répétitions. Parfois, il me laissait parler dans le micro, et j’étais si heureuse ! Aujourd’hui je me retrouve un peu à sa place sur scène, mais seule et sans lui je me sens émue… Etre réunie là, un jour, avec lui, ajoute-t-elle songeuse, pourquoi pas ! Oui, cela me ferait très plaisir… »
Annabelle bénéficie d’une formation artistique polyvalente qu’elle parfait avec acharnement. Loisirs et travail confondus, la danse qu’elle pratique toujours, l’acrobatie qu’elle vient d’aborder avec ravissement, la comédie, constituent son programme journalier. Pour être prête, dit-elle, prête à une carrière qu’elle envisage bien de développer dans toutes les directions, à l’instar des grandes professionnelles américaines. Programme rigoureux aussi dont elle ne s’écarte pas d’un pouce. Sa mère astrologue qui a dû lire dans les astres les espoirs de ce bel avenir, apporte à Annabelle son soutien total.
Une mère dont Annabelle dit avec chaleur : « Nous nous entendons et nous nous comprenons vraiment comme si nous étions une seule et même personne ». De vivre chez maman lui a donné l’envie de s’intéresser aussi à l’astrologie. Lion ascendant scorpion, elle s’est familiarisée avec les thèmes et affirme que c’est surtout son fort ascendant qui a pris en main sa destinée. Un destin à qui elle aimerait bien que le cinéma fasse un clin d’œil. Mais seulement quand elle sera fin prête. Mais alors l’amour, dans tout cela, que devient-il ?
« L’amour, c’est bien beau, répond Annabelle, mais il faut choisir ! On ne peut pas tout faire à la fois. Quand on croit aimer, ça prend trop la tête. J’en sais quelque chose ! Je ne veux rien sacrifier pour un homme. Est-ce que les hommes se sacrifient pour les femmes ? »
On ne saurait donner tort à Annabelle qui, la tête bien posée sur les épaules, saura, grâce à son talent et sa détermination, convaincre et forcer non seulement l’admiration d’un large public mais encore celle de son père.

© 1988 Dominique Friocourt / Joël Laffay

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