Présidentielle 2017. Pour la première fois, un candidat mis en examen postule au titre suprême de Président de la République… Et reste suivi par une partie de la population. Politique à la française ? La presse étrangère se moque, car ce candidat est aussi celui qui prône la moralité. Si les Français ont aujourd’hui bien compris que les hommes politiques sont davantage motivés par le « poste » que le travail et les convictions, le cas Fillon, soutien improbable des faux catholiques de La Manif pour Tous, est inédit. Réactions…

« Je ne céderai pas »
François Fillon, député de Paris, Les Républicains
« C’est au peuple français et à lui seul que j’en appelle désormais, à ceux qui me suivent et à ceux qui me combattent. Seul le suffrage universel et non pas une procédure à charge peut décider de qui sera le prochain président de la République. Je ne céderai pas, je ne me rendrai pas, je ne me retirerai pas. »
Les Républicains, Paris

« En deçà »

François Hollande, Président de la République, Parti socialiste
« Je ne veux pas rentrer dans le débat électoral, je ne suis pas candidat. Mais, il y a une dignité, une responsabilité à respecter. Je pense que Monsieur Fillon est au-delà, en deçà. »
France Bleu

« Il est complètement paumé »

Nicolas Sarkozy, ancien président de la République, Les Républicains
« Il est complètement paumé, l’autre. Il m’a harcelé de questions sur ce qu’il devait faire, c’est tout juste s’il ne prenait pas de notes. Je lui ai dit de saturer l’espace médiatique : une proposition choc chaque jour. Il m’a alors demandé comment couvrir le bruit négatif des juges. […] Plus tu en feras, plus tu couvriras le bruit médiatique négatif. »
Le Canard enchaîné

« Mais en France… »

New York Times, quotidien américain
« Dans d’autres pays, l’épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête de M. Fillon mettrait très probablement un point final à sa campagne pour accéder à la plus haute fonction de l’État. Mais en France, les problèmes judiciaires, même sérieux, mettent rarement un terme aux carrières politiques, même si les électeurs semblent faire preuve de moins en moins de tolérance vis-à-vis des malversations financières. »
Courrier international

« Ne pas céder à l’hallali »

Emmanuel Macron, fondateur d’En Marche
« Je ne veux pas céder à l’hallali, aux théories du complot ou au refus de répondre. Il faut que la présomption d’innocence soit respectée, que la dignité de la vie politique soit préservée, mais avec le niveau d’exigence qui vaut pour toutes et tous. »
Journal de 20H, TF1

« En parfaite opposition »

Marine Le Pen, présidente du Front National
« François Fillon s’est mis tout seul dans la nasse. Il est allé déclarer quelque chose avec lequel je suis en parfaite opposition : si un juge me met en examen, je ne serai plus candidat. Mais alors c’est le gouvernement des juges, ça n’a pas de sens. »
Salon des Entretreneurs, Paris

« Les nerfs à vif »

Jean-Luc Mélenchon, député européen, Front de gauche
« C’est tellement sidérant, chacun sa croix, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Cette campagne est absolument folle ! Si ça se trouve, dans quinze jours, ce gars n’est plus candidat… […] Il y a plein de gens autour de moi qui sont indignés, ça met les nerfs à vif, et pas que pour l’aspect moral […] C’est une grande souffrance pour beaucoup de monde. »
En déplacement à Angoulême

« Où se situe le complot »

Benoît Hamon, député des Yvelines, Parti socialiste
« Je ne vois pas où se situe le complot. À ma connaissance, l’employeur, c’est François Fillon, l’employée madame Fillon. »
Salon Euromaritime, Paris

« Ça pue »

Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France
« Vous voulez que je vous dise ce que je pense, ça pue! Je n’ai pas envie de cela pour mon pays. J’ai une autre idée de la France. »
BFM Politique

« Il ne mesure pas le décalage »

Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte Ouvrière
« Quand il se pose en victime, il ne mesure pas le décalage entre ses actes et la galère vécue au quotidien par des millions de femmes et d’hommes pour qui un salaire de 4000 euros et même un emploi, c’est un rêve. »
Territoires d’infos

« Une situation bien curieuse »

De VolksKrant, quotidien néerlandais
« Si Fillon est élu, il bénéficiera de l’immunité pendant la durée de sa présidence. Mais pas Penelope. Ce qui pourrait donner lieu à une situation bien curieuse: Fillon à l’Élysée, Penelope devant le juge. »
Courrier international

« Votre parole est malhonnête »

Chritine Angot, écrivaine française
« Vous ne reculez devant rien ! Votre parole est malhonnête. Et vous savez ce que c’est le pompon de toute cette histoire ? C’est le coup de Bérégovoy, que vous nous avez fait tout à l’heure, ça, ça passe pas!, vous nous faites un chantage au suicide ? »
L’Emission politique, France 2

« Pénéloper »

Bernard Pivot, journaliste et critique littéraire
« Pénéloper. Déf.: travailler dans une totale discrétion. Ex.: certaines filles de Mme Claude pénélopaient à l’insu même de leurs maris. »
Twitter

« Fillon n’est plus crédible »

Die Welt, quotidien allemand
« Même si les observateurs avaient déjà prédit une démission de François Fillon, celui-ci veut évidemment poursuivre la campagne malgré le scandale autour de l’emploi fictif présumé de sa femme. Fillon n’est plus crédible. »
Courrier international

« La séparation des pouvoirs »

François Bayrou, président du MoDem
« La séparation des pouvoirs, ce n’est pas la protection des abus ni la dissimulation des dérives, autrement n’importe quelle exaction pourrait être faite par un parlementaire au sein de l’Assemblée nationale. »
Questions d’info, LCP

« Tante Yvonne à l’Elysée »

Manuel Valls, ex-Premier ministre, Parti socialiste
« Vous imaginez le général de Gaulle employant tante Yvonne à l’Elysée ? »
France 2

« Ça pollue la campagne présidentielle »

Ségolène Royal, ministre de l’Environnement
« Je pense que vraiment on a déjà beaucoup trop parlé de cette histoire. Au moment où je vous parle il est très important, puisqu’elle est saisie, que la justice dise ce qu’il en est pour que chacun prenne ses responsabilités. Je n’en dirai pas plus parce que c’est vrai que ça a occulté, ça étouffe, ça pollue la campagne présidentielle qui est le grand moment démocratique d’un pays autour de l’affrontement entre différents projets, la projection vers le futur des Français. »
France 3

« Retrouver la dignité et le sens des responsabilités »

Anne Hidalgo, maire socialiste de Paris
« En tant que Maire de Paris, je demande à François Fillon de retrouver la dignité et le sens des responsabilités qu’un grand nombre de Français lui ont prêtés lors de la primaire, en renonçant à organiser cette manifestation qui met en danger les principes républicains que nous avons en partage. »
Facebook

« Contre le Front national »

Christian Estrosi, premier adjoint au maire de Nice, Les Républicains
« A l’heure où je me bats de toutes mes forces contre le Front national, je ne veux pas que les idées portées par notre famille politique soient dévoyées. »
Nice Matin

« Nous sommes une équipe »

François Baroin, sénateur-maire Les Républicains de Troyes
« Il a présenté ses excuses, il a reconnu une erreur. Il n’est pas seul, nous sommes une équipe avec nos sensibilités, nos engagements. Nous voulons cette alternance. Il reste encore deux mois et la cristallisation se fait au dernier moment. »
AFP

« Ça salit la politique »

Cécile Duflot, secrétaire nationale Europe Écologie Les Verts
« Je trouve que ça salit la politique. […] Mentir avec aplomb pour moi ce n’est pas une qualité. »
RTL

« Ses déclarations sont toujours ambiguës »

Xavier Bertrand, député UMP de l’Aisne
« Ses déclarations sont toujours ambiguës. Les déclarations de François Fillon divisent l’UMP et affaiblissent l’UMP. »
France 3

« Avec force, avec solidité »

Nathalie Kosciusko-Morizet, députée, Les Républicains
« Il y avait un trouble. Les Français ne parlent que de ça. Il y avait un buzz énorme sur le sujet. Les explications de François Fillon étaient attendues, et il les a données avec force, avec solidité. C’est ce qu’on attend d’un chef. Et c’était important pour les Français que ce trouble soit levé. Cette solidité qu’il a marquée, c’était important ».
Europe 1

« Tout le monde ment »

Florian Philipot, vice-président du Front national
« Je suis bien incapable de dire qui ment. J’ai l’impression que tout le monde ment un peu, mais je ne sais pas qui manipule qui. »
Sud Radio

« Les boules puantes »

Valérie Pécresse, présidente des Républicains Île-de-France
« On ne lance pas des boules puantes (…) impunément à trois mois d’une présidentielle. »
RTL

« On va droit dans le mur »

Rachida Dati, ancienne ministre, Les Républicains
« Il est urgent que François Fillon corrige le cap de sa campagne sinon on va droit dans le mur! »
Le Parisien

« Quel manque de dignité »

Laurent Wauquiez, député de Haute-Loire, Les Républicains
« Je suis écœuré par ceux qui collaient Fillon pour obtenir un poste gouvernemental et qui le poignardent dans le dos dès qu’il a mis un genou à terre. Quel manque de dignité. »
JDD

« La secte du Temple solaire »

Nadine Morano, députée européenne, Le Républicains
« Fillon, il est en train de transformer notre parti en secte du Temple solaire. »
Le Canard enchaîné

« Fillon a joué son dernier atout »

The Guardian, quotidien britannique
« En refusant de se retirer et en accusant l’État français de tentative d’assassinat politique, pas seulement contre lui mais aussi contre le processus démocratique lui-même, Fillon a joué son dernier atout. »
Courrier international

« Je ne fais pas partie de ceux-là »

Valérie Trierweiler, journaliste politique
« Je ne fais pas partie de ceux qui pensent que les fonctionnaires sont des privilégiés. »
Twitter

« La chasse à l’homme »

Yann Moix, chroniqueur
« Il y a quelque chose qui nous met tous mal à l’aise. On sent objectivement qu’il y a une sorte de chasse à l’homme, d’halali, de meute dans cette configuration. Et on voit bien que malgré les problèmes avérés d’éventuelle malhonnêteté, qui peuvent être partagés par l’ensemble de la classe politique, il y a quand même un sentiment en France qu’on s’acharne sur François Fillon. »
On est pas couchés, France 2

« C’est la marque de tous les populistes »

Vanessa Burggraf, chroniqueuse
« Sur les excuses de François Fillon, sur la conférence de presse, cette facilité toujours de s’attaquer aux journalistes et de ne pas répondre aux questions de fond. Il s’est excusé donc il y a visiblement une faute, il parle de lynchage médiatique et je trouve que s’attaquer à la presse, c’est la marque de tous les populistes. Et y’en a marre à la fin qu’on s’attaque à la presse. »
On est pas couchés, France 2

« J’ai pleuré »

Jean-Jacques Bourdin, chroniqueur
« Je me suis procuré le Canard enchainé hier, j’ai lu et j’ai pleuré. J’ai compris que c’était fini. »
Twitter

« Un cauchemar »

La Repubblica, quotidien italien
« Sa campagne est en train de devenir un cauchemar, avec des protestations et des mouvements de contestation à chacun de ses meetings et à chacune de ses sorties publiques. »
Courrier international

« Ce sera terrible à vivre »

Bernard Tapis, homme d’affaires
« S’il est battu, il va porter sur ses épaules la responsabilité d’avoir empêché l’alternance à droite. Ce sera terrible à vivre. »
Le Journal du Dimanche

© Miss & Mister Corail / Plantu / DR

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