« Par expérience, tous savent que la réussite d’un jardin exige en priorité de la constance et de l’attention. La constance, car abandonner un jardin – même épisodiquement – réduit à néant les aspirations du départ. La déception est alors à la hauteur de l’enthousiasme des débuts. L’attention, parce qu’un jardin est constitué d’organismes vivants – les plantes. Et comme tout organisme vivant déplacé de son milieu d’origine par la main de l’homme, la plante a besoin que l’on s’occupe d’elle. »

Après avoir séduit les mains vertes du petit écran avec l’émission devenue culte Silence, ça pousse, Stéphane Marie repart en guerre contre les mauvaises herbes par le biais des livres.
Dans Comprendre son jardin, paru en 2011 aux éditions du Chêne, il nous rappelle le lien fondamental qui unit chaque plante à un territoire, celui-ci étant défini par la nature du sol, la présence ou non d’arbres ainsi que son exposition. Bien connaître ces territoires qui composent un jardin va ainsi permettre d’y faire pousser avec succès les végétaux appropriés.
Aidé dans son entreprise par les textes de Dany Sautot et les photographies de Gilles Le Scanff et Joëlle Mayer, Stéphane Marie récidive en 2012 avec Aimer ses plantes. Ce nouvel opus invite cette fois les jardiniers débutants comme confirmés à se familiariser avec des techniques professionnelles, l’objectif étant d’apprendre à choisir les espèces les mieux adaptées pour créer son propre jardin et réussir à le faire fleurir.
Pour comprendre cette passion qui unit Stéphane Marie au monde végétal, il faut cependant rouvrir son premier livre paru en 2010. Dans C’est mon jardin, ce diplômé des beaux-arts qui est aussi scénographe raconte que « toujours, mes chemins de traverse me ramènent en Normandie. Vide depuis longtemps, la maison de mon grand-oncle avait été le théâtre des premières fêtes que j’inventais dès mes 18 ans avant que, crime de lèse-majesté à mes yeux, mes parents ne la louent. »

Une aventure végétale débordante de générosité

Au début des années 90, les parents « acceptent de me céder une étable attenante qu’une tempête a privée de sa toiture, ainsi que le fameux potager de mon enfance. Depuis, l’étable est devenue ma maison et l’ancien potager a donné naissance au jardin du Matin. Pour les besoins de l’émission Silence, ça pousse, une serre et le jardin du Soir seront créés en 1998 avant que je ne décide, récemment, de concevoir le jardin de l’Après-midi. »
Dans un livre comme à la scène, Stéphane Marie ouvre au public les portes de son jardin, dont il délivre au fil des pages les secrets. « J’ai ressenti le désir de partager mes jardins », écrit-il, « rencontres exaltantes entre passionnés du jardin et des plantes qui me conduisent à entrer encore davantage dans l’histoire de mes jardins et surtout des plantes qui y vivent. » Une aventure végétale débordante de générosité… Devant un public incontestablement comblé !

Trois questions à Stéphane Marie

Comment expliquez-vous l’incroyable ascension et le succès actuel de votre émission « Silence, ça pousse ! »
Stéphane Marie : La bonne humeur et nos chamailleries avec Noëlle Bréham ! C’est une émission positive qui porte un autre regard sur le monde végétal, qui peut être aussi vaste que réduit, comme dans un petit jardin. De très nombreuses personnes évoluent au contact des plantes. Nos rubriques permettent de découvrir les différentes manières dont elles le vivent. Par le biais de portraits et de rencontres, nous présentons des innovations et abordons des sujets plus variés de société, comme par exemple l’énergie. Il y a bien sûr les visites de jardins, parce qu’ils sont beaux mais aussi lorsqu’ils sont délaissés par leurs propriétaires. Dans notre rubrique « Pas de Panique », nous arrangeons cela avec eux et, toujours dans la bonne humeur, leur donnons des conseils pour qu’ils puissent mieux s’en occuper.

Du théâtre au jardin, la mise en scène est-elle la même ?
Oui, la réflexion est la même. Au jardin, il y a même des contraintes supplémentaires car les plantes, contrairement à un décor de théâtre, sont bien vivantes. Certaines ont une identité visuelle forte et vont permettre de gérer l’espace. Il faut être attentif et savoir écouter, comme le ferait un scénographe.

Si, parmi vos jardins, vous ne deviez choisir qu’une seule fleur ?
J’avoue avoir un faible pour les fleurs de camélias. Elles sont innombrables et fortes, car elles peuvent tenir l’hiver. Elles se plaisent très bien dans mon jardin. Actuellement, ces fleurs sont minuscules mais en abondance, ce qui est très élégant. Pour parvenir à ce résultat, je les ai plantées dans des grandes fosses où j’ai amélioré le sol avec du bon terreau. Je leur redonne à manger une fois par an, après la floraison. Lorsqu’elles sont un peu faibles, je n’hésite pas à les tailler et elles se refont.

Des beaux arts au petit écran

Né en 1960 dans la Manche, Stéphane Marie étudie aux beaux arts d’Orléans et travaille comme décorateur de théâtre.
Passionné par le jardinage, il intègre la « Cinquième » dans les années 90 pour y présenter une première émission de 13 minutes.
Aujourd’hui, Silence, ça pousse, qu’il présente aux côtés de Noëlle Bréham et dont il est le rédacteur en chef, occupe l’antenne durant trois quarts d’heure.
« Outre les séquences consacrées aux plantes et aux visites de jardins, deux nouvelles rubriques enrichissent le magazine. Curiosité de la semaine, s’intéresse aux tendances actuelles dans le jardin. Puis le duo incontournable reçoit un invité venu partager sa passion et délivrer de nombreux conseils pratiques. Enfin, Stéphane Marie redonne bonne figure à un petit coin de nature délaissé, avec Pas de panique », annonce France 5 sur son site officiel.

© Vivien Brochud / Stéphane Marie / Miss & Mister Corail

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