Une atmosphère d’Olympia plane au-dessus du Grand théâtre de la Maison de la culture, ce vendredi 19 septembre à Papeete. La salle est comble, curieuse et impatiente. L’artiste, ce soir, c’est Sheila.

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Pour la première fois en 50 ans de carrière, ce nom emblématique de la chanson française est à Tahiti. Idole des sixties, égérie des années pattes d’eph’, club diva de la vague disco, chanteuse pop-rock dans les années 80, icône gay et artiste de scène depuis… Nous ne savons pas trop à quelle Sheila nous attendre. Après plus de 80 millions de disques vendus à travers le monde, La Petite fille de Français moyen ne va pas tarder à apparaître devant nous.
C’est pourtant elle qui semble surprise à son arrivée sur scène. Même sur une île du Pacifique Sud, le public lui est acquis d’avance.Un public autorisé de 7 à 77 ans, fans de toujours, groupies à couettes, raerae, hommes politiques… A l’image de sa carrière, les générations et les couleurs de peau se confondent.
« Etre avec vous ce soir, c’est comme si je mangeais un gros gâteau au chocolat », plaisante-t-elle. « Je chante et je fais un peu de plage: c’est beau le métier de chanteuse! » Un métier qu’elle maîtrise comme une vraie professionnelle. Les Rois mages, Bang Bang, Spacer, Love me baby, Singin’ in the rain… Les tubes, dépoussiérés et savamment réorchestrés, s’enchaînent.
Deux superbes danseurs entrent en piste et l’élégant costume noir laisse bientôt place à une tenue plus sexy, dévoilant une plastique impeccable. A 63 ans, Sheila a de quoi faire pâlir de jalousie les chanteuses de la nouvelle génération. Une Madonna à la française… mis à part le fait que Sheila a investi les charts internationaux 20 ans plus tôt, qu’elle ne chante pas en play-back et que la voix reste juste, même lorsque la jambe se lève parfois très haut.

« C’est une femme généreuse, une femme de cœur »

« C’est le Stade de France! » Il est vrai que dans la salle, le public a bien du mal à rester assis. « On m’avait dit que vous saviez chanter à Tahiti. Maintenant j’en suis sûre! » Sheila et ses danseurs s’amusent. Et nous aussi! Cerise sur le gâteau, Yves Martin, son compositeur et désormais mari, est lui aussi sur scène.
Difficile donc, de laisser repartir Sheila après 1h30 de bonheur.Deux rappels ne suffisent pas, nous en redemandons encore. « C’est une femme généreuse, une femme de cœur. Elle transmet à toutes les générations son amour de la scène et son professionnalisme. Je ne regrette pas d’être venue, on sort du concert plus positif. C’est un peur bonheur », commente Annie Siu.
« D’abord je suis un fan. Je ne serai pas là si je n’aimais pas Sheila. Je vois qu’elle a toujours du tonus. Elle a du répondant et un humour un peu caustique. On sent qu’elle aime le public, qui le lui rend bien », renchérit Jean-Christophe Bouissou.
« Comme tout le monde, j’ai été surpris par le dynamisme et la présence sur scène de Sheila. J’ai beaucoup apprécié l’intimité du spectacle, sa façon de nous parler d’elle sans fausse pudeur », nous explique Benny. « J’avoue avoir été bluffé par son charisme et sa générosité sur scène. C’est incroyable comme sa musique a traversé le temps sans prendre une ride. Elle a gardé un corps de jeune femme. Pour elle, la cloche n’a pas envie de sonner et l’école est loin d’être finie. Bravo Sheila! Comme les Rois mages, nous te suivons des yeux comme une étoile qui brille encore dans le coeur d’un public conquis. »

Les albums de Sheila dans le Juke Box

Si les fans qui n’avaient pas conservé leurs 45 tours ont dû attendre plus de 20 ans pour que certaines chansons paraissent enfin sur CD, une grande partie de l’impressionnante discographie de Sheila est aujourd’hui disponible à la vente.
Un vaste choix d’albums des années 60 jusqu’à aujourd’hui, qui permet de (re) découvrir les différents styles musicaux abordés par la chanteuse : les années yéyé (Sheila, L’heure de la sortie…), les années pattes d’eph (Love, L’amour qui brûle en moi…), les années disco (Singin’ in the rain, King of the world…), les années rock (Little darlin, Les Sommets blancs de Wolgang…), les années pop (On dit, Tendances…), les années dance (Le meilleur de, Dense…), les années jazzy (Seulement pour toi, C’est écrit…).
Parmi les innombrables compilations diverses et variées, Juste comme ça a le mérite d’avoir réussi à réunir les incontournables tubes de Sheila de 1962 jusqu’à aujourd’hui. Mais notre coup de coeur va sans hésitation à The Disco singles, un double CD qui réunit pour la première fois l’ensemble des tubes disco du groupe Sheila B Devotion.
Du côté des albums live, eux aussi sont très nombreux. Je suis venue de dire… nous replonge en 1989 lors des adieux déchirants de Sheila devant un public en larmes à l’Olympia. C’est écrit, paru en 2008, retrace la tournée acoustique du spectacle Enfin disponible, qui a connu un succès retentissant à travers toute la France. Dans sa version DVD, Jamais deux sans toi, un Olympia qui consacre les 40 ans de carrière de la chanteuse, reste certainement un des plus accompli.
Côté DVD justement, il est regrettable que les films dans lesquels apparaît Sheila n’aient pas encore été dépoussiérés. Il faudra donc se tourner vers le rayon librairie pour en savoir plus. Auteur de plusieurs romans (Chemins de lumière, Et si cétait vrai, La Captive…), Sheila se dévoile enfin grâce au journaliste Didier Varrod dans Ne vous fiez pas aux apparences.
Plus récemment, Frédéric Quinonero a également réalisé Sheila, biographie d’une idole, aux éditions Tournon. Enfin, pour les mordus, sachez qu’une intégrale réunissant en 18 volumes tous les enregistrements studio de l’artiste, soit près de 400 titres, est disponible à la vente.

© Vivien Brochud / Hitu News

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