Pour certains, offrir des fleurs lors d’une rupture est un comble de goujaterie. Pour d’autres, au contraire, c’est une manière élégante de mettre fin à une relation dans le respect de l’autre et des moments partagés. En fouillant dans le langage des fleurs, nous avons retrouvé ces variétés qui, fortes de leur Histoire ou leur mythologie, sont aujourd’hui devenues des valeurs sûre pour enfin savoir… comment se dire adieu !

Fleur rupture 001Le chrysanthème, la fleur des adieux

La symbolique du chrysanthème est l’une des plus complexes du langage des fleurs, car sa signification diffère selon les régions du monde. En Asie, ou c’est un symbole de paix et d’amour parfait, on le surnomme « la fleur d’or ». Le point rouge au centre du drapeau japonais serait d’ailleurs une représentation du chrysanthème.
En France, le destin de cette fleur automnale bascule au lendemain de la Première Guerre mondiale. Il s’agit en effet de rendre hommage à des millions de morts à une saison où peu de plantes sont en fleurs. Depuis, le chrysanthème est associé à la mort et se voit évincé de nos jardins et des créations florales.
Offrir un chrysanthème autrement que sur une sépulture ou à la Toussaint peut donc être très mal interprété. La fleur signe clairement la fragilité des sentiments et la fin d’une relation. Plus les couleurs sont puissantes et foncées, plus la rupture est officielle et sans condition.

Fleur rupture 002Le colchique, quand vient la fin de l’été…

« Colchiques dans les près, fleurissent, fleurissent. Colchiques dans les près, c’est la fin de l’été. » De son nom botanique Colchicum autumnale, le colchique est une bulbeuse des champs qui offre une très belle floraison rose, mauve ou blanche, quand vient la fin de l’été et que débute la froide saison.
Comme de nombreuses fleurs automnales, le colchique souffre d’une mauvaise réputation. C’est même un emblème de nostalgie et de mélancolie. La fleur est très présente dans la littérature et la poésie. « Le colchique couleur de cerne et de lilas y fleurit. Tes yeux sont comme cette fleur-là, violâtre comme leur cerne et comme cet automne », écrit Apollinaire.
Dans le langage des fleurs, le colchique est associé à la fragilité des amours d’été et prédit la rupture. La fleur, qui est toxique et que les sorciers utilisaient jadis dans la préparation des potions magiques, illustre la fin des relations marquées par la jalousie et l’infidélité. C’est un symbole de la trahison sentimentale.

Fleur rupture 003Le myosotis, un élégant souvenir

Fleur emblématique de la fin du printemps, le Myosotis Sylvatica est très populaire et hérite d’un lourd passé mythologique et religieux. Chez les Catholiques, cette fleur représente le paradis et le salut de l’âme. Elle est donc naturellement associée au souvenir et à la mémoire des personnes disparues.
Au Moyen-Âge, de nombreuses légendes racontent que le myosotis poussait sur le corps des chevaliers morts au combat, sommant ainsi les vivants de ne pas oublier leur bravoure. Mais la fleur était surtout utilisée par les magiciens et les sorcières, qui l’intégraient dans leurs philtres et potions pour ses vertus relaxantes, voire soporifiques.
Dans le langage des fleurs, le myosotis est associé à la rupture amoureuse qui se déroule dans un commun accord et surtout dans le respect de la relation partagée. Offrir des myosotis signifie ainsi littéralement : « Je ne t’aime plus mais je garde d’excellent souvenirs de notre amour ». On surnomme cette fleur « l’herbe de l’oubli » !

Fleur rupture 004La rose jaune, solaire ou infidèle ?

On raconte qu’offrir un bouquet de roses jaunes exprime un aveu d’infidélité et le désir d’être pardonné. A moins que le nombre de roses choisies corresponde effectivement à l’infidélité, il s’agit-là d’un racontar qui ne trouve aucun fondement dans notre culture occidentale.
En France comme dans toute l’Europe, la rose jaune est au contraire une fleur solaire que l’on associe à la réussite sociale et sentimentale. La rose jaune traduit littéralement : « Nous sommes les maîtres du monde ! » C’est une fleur indispensable des bouquets et des compositions florales, à qui elle apporte son optimisme et sa vitalité.
Cette confusion récurrente sur la rose jaune provient en réalité d’un certain amalgame fait entre deux cultures. Selon des légendes arabes, cette fleur est liée à l’histoire d’Aïcha, épouse de Mahomet, que celui-ci accusait d’infidélité avec un jeune Perse. Pour confirmer ses soupçons, les roses jetées à l’eau seraient devenues jaunes…

Fleur rupture 005Le souci, en plein tourment amoureux

Comme son nom l’indique, le souci peut poser problème ! Pourtant, cette jolie fleur jaune orangée qui fleurit dès le début de l’été ressemble, de loin, à un joli soleil. Mais de près, le souci dégage une odeur qui n’est pas très agréable. Selon la mythologie romaine, c’est parce que Proserpine, la fille de Pluton, l’emporta avec elle aux enfers.
En prolongeant sa floraison jusqu’en automne, le souci perd de sa fraîcheur. C’est l’une des raisons pour laquelle le langage des fleurs l’associe à la peine et à l’ennui. Reflet de l’inconstance du cœur, le souci traduit la fin d’une relation amoureuse rongée par le temps et les habitudes. Cette fleur évoque toute la tristesse d’une séparation, même temporaire.
Mais le souci n’a pas que des détracteurs. Au XVIe siècle, Marguerite d’Orléans, la grand-mère d’Henri IV, choisit cette fleur pour dorer son blason. En Espagne, les rois d’Aragon se paraient de cette fleur pour conjurer les mauvais sorts. « Heureux de ton obscurité, humble souci, tu vis tranquille », peut-on lire dans la Romance du XVIIIe siècle.

En savoir plus…

Dans la richesse du langage des fleurs, on trouve bien sûr d’autres fleurs associées à la rupture amoureuse. L’adonide ou la mauve, par exemple, sont représentatives du chagrin d’amour. De son côté, l’ancolie porte fièrement le drapeau de l’infidélité. Et pour rompre d’une manière franche et directe, vous pouvez également compter sur l’Eglantine, la gentiane ou le zinnia. Certaines variétés d’orchidées, de fleurs exotiques ou aquatiques peuvent également suggérer la fin d’une relation. N’en déplaise au nénuphar qui, à notre grand étonnement, se retrouve en très bonne place pour donner la parole aux libidos insatisfaites.

© Miss & Mister Corail / DR

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