Depuis son entrée en politique, la popularité de Jean-Luc Romero est au beau fixe. Conseiller régional d’Île-de-France depuis 1998, ancien secrétaire national de l’UMP et du Parti radical, président fondateur du parti politique Aujourd’hui Autrement et apparenté PS, l’intégrité de son engagement lui a notamment valu d’être élu homme politique de l’année en 2001 et décoré chevalier de la Légion d’Honneur, de l’Ordre National du Mérite et des Arts et des Lettres.

Au plus proche des sujets de société qui intéressent ses concitoyens, Jean-Luc Romero est aussi et surtout un homme de terrain aux actions associatives significatives. C’est d’abord la lutte contre le VIH/Sida avec l’association ELCS (Elus locaux contre le sida) et le CRIPS (Centres régionaux d’information et de prévention du sida) dont il est le président. C’est ensuite le combat pour une fin de vie digne avec l’ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité), dont il est encore président. Son investissement total pour le respect de l’égalité des droits dépasse même nos frontières. En 2012, il est président d’honneur de la Fierté de Montréal, au Québec, où il reçoit le Prix Claude Tourangeau. Il est enfin à la tête du comité officiel de soutien à Florence Cassez, cette Française injustement emprisonnée au Mexique depuis 2005.
« Jean-Luc Romero a de nombreuses activités qui toutes sont tournées vers un seul but : l’humain », annonce son site internet. Malgré un emploi du temps chargé, l’homme s’est accordé une courte pause végétale pour m’offrir, le temps d’une interview, sa vision d’une nature en toute simplicité.

Vous êtes plutôt de ville ou de la campagne ?
Jean-Luc Romero : Je suis un homme de la ville. La campagne m’attire moins, sans doute à cause de la solitude qui l’accompagne bien souvent. Mais comme j’aime la nature, il me faut un bois – mon bois de Vincennes – des squares, des plantes et beaucoup de fleurs chez moi.

Quelles sont vos fleurs préférées ?
Les roses blanches, qui étaient les fleurs préférées de mon ami Hubert emporté par le sida en 1994, ont mes faveurs. Les roses blanches, qui portent la signification de l’authenticité et de l’amour pur.

Vous pratiquez le jardinage ?
Oh non, pas du tout ! Pourtant, les plantes que j’ai chez moi durent très longtemps. Peut-être sont-elles sensibles aux mouvements qu’elles y perçoivent, au ballet des amis qui poussent la porte de mon domicile ? Peut-être aiment-elles particulièrement les chansons de mon amie Sheila (qui est présidente d’honneur d’Elus locaux contre le sida depuis plus de 15 ans, ndlr) qui accompagnent souvent mes longs moments de travail à la maison ? Qui sait…

Vous offrez des fleurs ? Ou préférez-vous les recevoir ?
J’offre beaucoup de fleurs. Et j’en reçois aussi, en retour. Je crois avoir été particulièrement touché par le magnifique bouquet que m’a adressé il y a quelques années Anne Hidalgo, la première adjointe au maire de Paris, que je considère presque comme une sœur et qui, empêchée de se rendre à un dîner que j’organisais pour mon anniversaire, s’était fait excuser de cette belle façon. On dit tout, avec les fleurs… Celles-ci disaient la tendresse.

Quel est votre rapport au végétal dans votre quotidien ?
J’aime le vert profond des plantes et les couleurs vives des fleurs. Mais je n’ai pas de rapport particulier au végétal. Sauf si vous m’indiquez, bien sûr, qu’il y a des plantes dans le Coca Cola light…

Si vous deviez transmettre un message avec des fleurs, quel serait-il ?
« Ne m’oubliez pas », transmis par de magnifiques myosotis.

Homo Politicus

Comme ils disent…

L’engagement humain de Jean-Luc Romero se découvre aussi au fil de ses livres. En 2001, On m’a volé ma vérité (Seuil) est le récit spontané du premier outing d’un homme politique français, dont il a été victime. L’année suivante, Virus de vie (éd. Florent Massot) révèle sa séropositivité.
En 2003, sa Lettre à une droite maladroite (Ramsay) épingle pertinemment le conservatisme d’une partie de son camp politique. En 2004, Je n’ai jamais connu Amsterdam au printemps offre un état des lieux édifiant des mœurs politiques. La nuit des petits couteaux : qui gagnera la bataille de Paris ? (éd. Gawsewitch) en 2006, propose notamment un nouveau modèle français de développement et de démocratisation de nos villes. Les Voleurs de liberté (Florent Massot) en 2009, est un plaidoyer pour la légalisation de l’euthanasie. Enfin, Homopoliticus, comme ils disent, paru l’année dernière chez Florent Massot et réédité fin 2012 chez EGL- La Musardien avec une nouvelle postface, aborde cette relation tendue que la politique entretient avec la sexualité. A ce sujet, un film de 52 minutes d’Aleksandar Dzerdz et Jean-Luc Romero est prévu à la fin de l’année sur LCP-AN. Les éditions L’Esprit frappeur viennent également de rééditer une nouvelle version de son cinquième opus, Les Voleurs de liberté, avec une préface de Noëlle Châtelet.

Rose blanche« Les roses blanches portent la signification de l’authenticité et de l’amour pur »

Comme le décrit si bien Jean-Luc Romero, les fleurs blanches expriment l’authenticité. Les offrir est une marque de respect, de franchise et, dans l’intimité, d’amour pur. C’est sans doute pour cela qu’elles accompagnent traditionnellement les grands événements de notre vie. De l’innocence d’une naissance à un départ dans la dignité, elles sont l’apparat des grandes cérémonies, comme le mariage. Fortes d’une symbolique remarquable dans la mythologie et l’Histoire, elles furent notamment l’emblème de l’opposition au régime nazi durant la Seconde Guerre mondiale.

En savoir plus sur le site officiel de Jean-Luc Romero

© Vivien Brochud / Jean-Luc Romero

Publicités